Politique belge

Le député fédéral Vincent Van Quickenborne (Open Vld) juge jeudi matin prématurée toute approbation, demain/vendredi en conseil des ministres, de la liste de métiers pénibles dans le cadre de la réforme des pensions. Pour rappel, un consensus a été trouvé mercredi soir entre syndicats et autorités sur la question des métiers lourds au sein de la fonction publique et le ministre des pensions Daniel Baquelaine s'en est félicité.

"Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. Il a été convenu que l'on discuterait et approuverait d'abord du projet de loi, et qu'ensuite seulement on discuterait de la liste (des métiers pénibles)", commente de son côté Vincent Van Quickenborne auprès de Belga.

"Lors de la réunion du Comité A, il n'y a eu aucun mot sur une liste. L'approuver demain est donc prématuré. Il y a un accord clair au sein du gouvernement qui prévoit que les listes de métiers pénibles dans les secteurs public et privé seront élaborées ensemble", souligne l'ancien ministre.

Les libéraux flamands sont favorables à l'idée de voir les métiers pénibles dételer plus rapidement, mais pas en conservant "l'inégalité actuelle entre fonctionnaires et employés".

"Les infirmières doivent par exemple être traitées de manière identique, et ce qu'elles travaillent dans un hôpital public ou une clinique privée", fait valoir M. Van Quickenborne.

Pour le libéral flamand, il faut aussi veiller à ce que cette liste reste limitée. Le report général de l'âge de la retraite ne peut en effet être vidé de son sens par une liste qui serait trop importante, selon lui.


La liste des métiers pénibles doit encore être examinée en gouvernement, dit la N-VA

Le spécialiste du dossiers des pensions au sein de la N-VA, le député fédéral et bourgmestre de Tervueren Jan Spooren, s'est dit satisfait jeudi que les syndicats des services publics aient approuvé mercredi au sein du Comité A la suppression des régimes particuliers de pensions au sein de la SNCB ou de l'armée notamment. Quant à la liste des métiers pénibles convenue en Comité A, le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine ne dispose, selon le député, que d'un pré-accord à ce stade avec les organisations syndicales. Il a par ailleurs été convenu au sein du gouvernement que cette liste serait évaluée à l'aune de certains critères, dit-il jeudi matin auprès de l'agence Belga.

Selon M. Spooren, l'accord annoncé est une bonne choses et salue à cet égard l'attitude des syndicats. Le N-VA dit toutefois ne pas encore avoir vu la liste des métiers pénibles.

Le ministre Bacquelaine est bien sûr en droit de boucler des pré-accords, reconnaît-il, mais l'accord au sein de la majorité prévoit que cette liste réponde à trois conditions. Elle ne peut mener à une diminution de l'âge effectif de la retraite ou une perte de l'allocation de pension, et doit s'inscrire dans le cadre de l'enveloppe budgétaire définie par le gouvernement pour financer le départ anticipé de ces métiers pénibles, rappelle-t-il.

"Si ces conditions ne sont pas rencontrées, il n'y aura pas d'accord".

"La N-VA est pour la reconnaissance des métiers pénibles, mais on ne peut en déduire que la moitié des fonctionnaires exercent un métier pénible".

Enfin, tout comme l'Open Vld, les nationalistes flamands veulent aussi que la liste des métiers pénibles soit harmonisée entre secteurs public et privé, et que cela reste soutenable pour les finances publiques.


La CGSP Services publics veut connaître la liste des métiers pénibles pour se prononcer

La CGSP Services publics exige d'obtenir les pré-listes devant servir aux négociations sur la détermination des métiers pénibles et des prestations prises en compte pour le calcul de la pénibilité avant d'émettre un avis, réagit-elle jeudi. Elle réunira ainsi ses instances fédérales lundi pour se prononcer, annonce-t-elle. Elle n'entend en tous les cas pas "acheter un chat dans un sac". Les revendications de la CGSP ont été partiellement rencontrées, reconnait le syndicat socialiste. Le conseil des ministres doit cependant encore entériner le pré-accord ce vendredi, rappelle-t-il.

Pour pouvoir émettre un avis en toute connaissance de cause, "et surtout au vu du climat tendu qui régnait hier (mercredi, NDLR) entre les différents niveaux de pouvoir et entre partenaires du gouvernement fédéral", l'organisation demande en outre un délai de réflexion.

La CGSP précise toutefois déjà que, pour elle, les droits acquis en matière de pension au 31 décembre 2019 comportaient non seulement les droits acquis en matière de calcul du montant de la pension mais aussi ceux qui concernent le calcul de la carrière.

L'organisation espère recevoir toutes les informations nécessaires en vue de prendre position d'ici à lundi et la réunion de ses instances fédérales. "La balle est dans le camp du gouvernement", insiste-t-elle.