Politique belge Entretien

Le libéral flamand Vincent Van Quickenborne (@vincentvq) est un utilisateur acharné du réseau Twitter.

Quel usage faites-vous de Twitter?

Je suis présent sur le site depuis début janvier 2010, je rédige environ une quinzaine de "tweets" par jour. Le soir ou la nuit, c’est un peu plus drôle et pour s’amuser. Mais pendant la journée, c’est un outil professionnel. J’ai par exemple mis sur Twitter la liste des réalisations que j’ai faites pendant ces deux années comme ministre. Mais ce que je fais surtout sur Twitter, c’est collectionner de l’information que je peux utiliser ensuite. J’ai parlé cette semaine au World Economic Forum; eh bien j’avais collecté pas mal d’infos intéressantes grâce à Twitter avant mon intervention.

Vous prétendez que Twitter permet de rapprocher le citoyen des responsables politiques. Expliquez.

Quand je demande par exemple si des gens ont des suggestions de slogans, je reçois énormément de propositions. Les gens commentent, s’intéressent à la politique. L’intérêt du public pour ce que les responsables politiques font et disent sur Twitter a grandi. Les citoyens qui sont intéressés par le contenu sont maintenant plus actifs sur Twitter que sur Facebook, car la limitation des messages à 140 caractères oblige à aller droit au but et à éviter la langue de bois.

Y a-t-il des choses que vous vous refusez à mettre sur Twitter?

Oui. Et il faut prendre garde, car tout peut être interprété de manière ambiguë ou avoir plusieurs sens. Exemple: mardi, j’ai envoyé un "tweet" humoristique avec "Leçon des Wallons" et en me moquant de "La Libre" qui a bloqué un de ses comptes Twitter: j’ai tout de suite reçu des réactions indignées de la part de francophones, alors que ça n’avait rien de méchant Un "tweet", c’est comme un SMS, sauf que cela peut être lu par tout le monde. On a aussi eu ce petit incident avec ces photos de Leterme que j’ai envoyées depuis le Conseil des ministres il y a quelques semaines. On m’a critiqué. Or, qu’est ce que je vois aujourd’hui? Leterme passe à Washington pour une réunion sur le nucléaire avec Obama et envoie aussi des photos Mais j’ai bien aimé cela. On aime cette sensation de suivre l’actualité de l’intérieur, cela donne un autre point de vue. Ça montre aussi qu’aujourd’hui les informations sont faites minute par minute et tout le monde y a accès. Les gens comprennent que Twitter est devenu une véritable source d’information.

Vous avez annoncé avant tout le monde que l’Open VLD quittait le gouvernement fédéral avec votre fameux “tweet” : “Alea jacta est”…

Oui, tout le monde attendait devant la porte du Bureau de parti pour voir ce que nous avions décidé, moi j’ai lancé mon "tweet" une fois que le Bureau avait entériné notre décision. Mais c’était encore ambigu. Ceci montre que tout va très vite. J’imagine que cela va être pareil pour le résultat des élections en juin. Les premières photos de la catastrophe de Buizingen ont aussi été dispersées par un utilisateur de Twitter qui était dans le train. Mais le plus important, cela reste le contenu. Twitter, ce n’est que de la technologie. Si personne n’a rien d’intéressant à dire, ça n’aura aucun intérêt.

C’est le débarquement des responsables politiques sur Twitter à l’occasion des élections…

Certains vont rester après le scrutin, d’autres pas. Si c’est un responsable politique qui est ouvert, il va se prendre au jeu et continuer après les élections. Il faut oser prendre des positions directement et ouvertement. On sent deux genres de responsables politiques: ceux qui mettent un collaborateur derrière leur compte Twitter et ne diffusent que des news du style: "Je suis là", "Je mange", "Je vais faire ça". C’est inintéressant. Et il y a ceux qui osent dire des choses. Je pense que ce que Jean-Michel Javaux met sur Twitter est sincère, il est fort intéressant à suivre.