Politique belge

Dès son retour de Russie, le Premier ministre Charles Michel tiendra des consultations discrètes pour analyser les différentes remarques exprimées à propos du projet de loi sur les visites domiciliaires, a-t-on appris mardi soir dans son entourage. Le chef du gouvernement entend apporter de la sérénité dans le débat qui fait rage depuis quelques jours et permettre à tout le moins que les éclaircissements nécessaires soient apportés.

L'objectif demeure la mise en œuvre de la directive européenne sur les retours, dans laquelle s'inscrit le projet de loi controversé. Puisque le débat parlementaire est appelé à encore durer quelques jours, le Premier ministre prendra un peu de temps pour "lever les malentendus et être à l'écoute des observations", particulièrement celles des juges d'instruction, a-t-on précisé.

Le projet de loi n'a pas fait l'objet de remarques négatives du Conseil d'État, a-t-on ajouté. Ces visites domiciliaires sont prévues en dernier recours et font l'objet d'une autorisation d'un juge d'instruction.

Le chef du gouvernement revient mercredi soir de sa visite à Moscou. La commission de l'Intérieur de la Chambre se réunira mercredi matin pour poursuivre ses travaux sur le projet de loi.


Francken n'a "aucun problème" avec un éventuel recours devant la Cour constitutionnelle

Le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), n'a "aucun problème" avec un éventuel recours devant la Cour constitutionnelle contre son projet de loi autorisant les visites domiciliaires en vue d'appliquer un ordre de quitter le territoire, a-t-il affirmé mardi lors d'un dîner-conférence au Cercle de Lorraine. "Le Conseil d'État a évalué le texte, notamment sa constitutionnalité, et il n'a fait aucune remarque. Il n'y a donc aucun problème pour moi si des ONG veulent saisir la Cour constitutionnelle", a déclaré le nationaliste flamand devant une centaine de membres du club d'affaires belge.

"Aucun de mes projets n'a été annulé. Mon travail juridique est concluant", a-t-il poursuivi, en précisant qu'il continuerait à légiférer bien qu'il soit conscient qu'il y aura "encore des protestations".


Revenant sur son projet de loi, M. Francken s'est agaçé de "l'amalgame" entretenu à son propos par la gauche. "On ne parle pas des gens du Parc Maximilien, mais de personnes connues par l'office des étrangers et qui ont déjà reçu un ordre d'expulsion", a-t-il insisté

© BELGAONTHESPOT

"On me parle de rafles, on me traite de raciste, de nazi, de fasciste - c'est l'autoroute du PS - mais la vérité, c'est que ce projet législatif est nécessaire pour les policiers", a-t-il ajouté.

A son arrivée au Cercle de Lorraine, M. Francken avait été accueilli par une centaine de personnes manifestant contre sa politique migratoire. "Je n'ai pas de problème avec cela, c'est la démocratie qui s'exprime. Je suis ici pour défendre mes idées et présenter mes arguments", avait-il commenté.

Deux heures plus tard, il quittait l'estrade du club d'affaires sous les applaudissements de la centaine de membres venus l'écouter.