Politique belge Les données recueillies par l’institut Kantar TNS pour "La Libre" livrent un étonnant portrait-robot des électeurs, parti par parti.

Les plus inactifs

Si fallait dresser le profil sociologique type de l’électeur du PS, on dirait qu’il s’agit d’une femme isolée, habitant dans le Hainaut, peu qualifiée (secondaire supérieur maximum), pensionnée ou sans emploi. Compte tenu de cela, elle appartient sans surprise à la classe sociale inférieure, la plus pauvre. Plus globalement, c’est au PS qu’on compte le plus d’inactifs (pensionnés ou sans emploi - 57 % de son électorat).

Cette catégorisation ressort du baromètre politique réalisé par Kantar TNS pour "La Libre", "De Standaard", la RTBF et la VRT au niveau de la Wallonie. L’institut de sondage a pointé les critères sociologiques les plus significatifs. Pour le PS, les différences avec la Région bruxelloise sont assez faibles. L’électorat ouvrier y est davantage représenté, ainsi que les familles nombreuses.

Les plus "indépendants"

L’électeur type du MR, en Wallonie, est un homme habitant dans le Brabant wallon, cadre ou indépendant, et appartenant à la classe sociale la plus élevée.

C’est chez les libéraux - et de loin - que l’on compte le plus grand nombre d’indépendants dans l’électorat. Ce n’est pas un hasard si l’amélioration de ce statut professionnel est un combat presque ancestral pour le MR.

Les différences de profil entre le Sud du pays et la Région bruxelloise sont minimes. Pointons juste une proportion de femmes plus importante à Bruxelles (49 % contre 40 %).

Les plus aisés (avec le MR)

Ecolo va chercher la plupart de ses électeurs wallons dans la catégorie des femmes ayant une famille plutôt nombreuse (ménage d’au moins quatre personnes), inactive et appartenant à la classe sociale la plus élevée.

Cette dernière caractéristique est particulièrement significative. C’est chez Ecolo, grosso modo à égalité avec le MR, que l’on trouve les électeurs les plus aisés. Et c’est encore plus vrai à Bruxelles qu’en Wallonie. En outre, les écologistes ont peu d’adhérents dans les couches sociales les plus basses, alors que leur message politique s’adresse volontiers à elles.

Les plus "ouvriers"

Le bassin sidérurgique liégeois est un foyer électoral important pour le PTB. Sans surprise, l’électeur type du PTB en Wallonie est un homme, ouvrier, habitant cette région-là. Le parti reçoit aussi le soutien de beaucoup d’employés. Tous ces travailleurs viennent plutôt des classes sociales inférieures, mais sans que cela ne soit très net. C’est là que se fait la différence avec le PS. Pour simplifier : l’inactif dépendant du filet de sécurité sociale vote PS, tandis que le travailleur qui veut améliorer sa condition sociale vote PTB.

La sociologie de l’électorat pétébiste est en revanche très différente à Bruxelles. Il s’agit d’employés appartenant aux classes sociales… supérieures. Assez proche de l’électorat Ecolo. En caricaturant, on parlerait du bobo bruxellois.

Les plus ruraux

Ce qui est interpellant au CDH, c’est qu’aucun profil électoral clair n’apparaît à l’issue de notre dernier sondage. Cela traduit la difficulté qu’ont les humanistes à faire passer leur message politique dans l’opinion publique et à se situer idéologiquement dans le paysage francophone.

Tout au plus, on dira que l’électeur type du CDH en Wallonie est une femme venant de la province rurale du Luxembourg, le bastion historique du parti. A Bruxelles, le profil est encore plus flou.

Les plus âgés

Défi, parti historiquement bruxellois, perce peu à peu en Wallonie. Et manifestement, son discours touche la même cible. Le profil des électeurs de Défi est exactement le même au Centre et au Sud du pays : une femme, retraitée, diplômée de l’enseignement supérieur (universitaire ou non).

C’est chez les amarantes, enfin, que l’on trouve de façon assez significative les électeurs les plus âgés - et par conséquent le plus de pensionnés.