Politique belge

Le rapport de la taskforce mise sur pied pour étudier une fiscalité automobile plus écologique à Bruxelles suscite beaucoup de questions critiques dans le monde politique régional, est-il ressorti lundi en commission du parlement bruxellois. Deux experts -Marc Bourgeois (ULg) et Cathy Macharis (VUB)- ont présenté le document d'une centaine de pages. Ils proposent de revoir les méthodes de calcul pour la taxe de mise en circulation. Cette dernière est actuellement basée sur la taille ou la puissance du moteur. La nouvelle mouture prévoirait de taxer les véhicules bruxellois sur base de trois critères: la norme européenne (d'Euro 0 à Euro 6), le type de carburant et les émissions de CO2.

En pratique, un véhicule Euro 6 "a" et "b" diesel se verrait appliquer une taxe annuelle de 300 euros, alors qu'une voiture Euro 6 essence "a" et "b" ne payerait que 50 euros. Dans le cas des moteurs de dernière génération, la taxe de circulation serait donc six fois plus élevée pour un moteur diesel que pour un moteur essence. Les voitures hybrides et électriques sont exonérées durant 5 ans.

L'objectif est de "soutenir la 'dédiéselisation' du parc automobile bruxellois et de lutter contre la pollution de l'air".

Julien Uytendaele (PS) a constaté que les propriétaires de petites voitures familiales paieront plus. "Les voitures plus grandes reçoivent une grande réduction alors qu'elles n'ont rien à faire à Bruxelles", a renchéri Bruno De Lille (Groen). Arnaud Pinxteren (Ecolo) et Marc Loewenstein (DéFI) ont regretté que Bruxelles Environnement n'ait pas collaboré au rapport.

Plusieurs députés, dont Benoît Cerexhe (cdH), ont mis en avant la responsabilité des pouvoirs publics dans le grand nombre de voitures au diesel en Belgique qu'ils ont soutenues pendant de nombreuses années.

Le débat proprement dit aura lieu la semaine prochaine.