Politique belge

Les trois ministres cdH du gouvernement wallon ont choisi chacun un journal mercredi pour publier le projet centriste de plan d'investissement en Wallonie, qu'ils chiffrent à 500 millions d'euros. La vice-présidente Alda Greoli (dans L'Echo) et les ministres Carlo Di Antonio (Sudpresse) et René Collin (Le Soir) disent répondre à l'appel du ministre-président Willy Borsus (MR) en présentant dans la presse leurs priorités d'investissements, qui passent par trois axes: la mobilité (350 millions), la transition énergétique (100 millions) et le numérique (50 millions).

En chiffrant les moyens financiers à 500 millions d'euros par an, le cdH dit suivre les recommandations du Bureau du plan qui préconise une augmentation de l'investissement public de 0,5% du PIB.

Outre les partenariats public-privé, les humanistes escomptent un accord de l'Europe pour immuniser dans la comptabilité wallonne une série d'investissements publics. Le Fédéral est aussi appelé à la rescousse pour compenser - dans sa comptabilité - un déficit des entités fédérées et pouvoirs locaux.

L'opposition n'a pas manqué de dénoncer la sortie médiatique du cdH. "Alors que ces trois ministres sont à la manœuvre dans le gouvernement, il n'y a rien en ce sens dans le budget", a commenté le député Ecolo Stéphane Hazée."Et la coalition MR-cdH poursuit sur la même voie que la précédente coalition PS-cdH: en dehors de quelques mesures de communication, aucun investissement majeur n'est prévu pour concrétiser de réelles politiques de transition écologique".

Pour le chef de groupe PS Pierre-Yves Dermagne, la sortie du cdH est "un camouflet pour le ministre du Budget, pour le partenaire MR du gouvernement et l'ensemble du parlement" qui débat ce mercredi du budget 2018. "C'est la recherche effrénée de l'effet d'annonce pour le cdH, alors que les sondages sont mauvais pour ce parti. Il fallait faire diversion et exister au plus vite".

Le PS regrette aussi l'absence de concertation, non seulement entre les partenaires de la majorité mais aussi avec les forces vives wallonnes, les partenaires sociaux, les universités, etc.

Quant au ministre du Budget Jean-Luc Crucke (MR), il temporise. Il envisage un tel plan d'investissement pour le début de l'année prochaine. "La priorité, c'est l'équilibre budgétaire au plus tard en 2020. Nous avons déjà fait des propositions pour le plan d'investissement, le cdH fait les siennes, c'est très bien, nous nous mettrons autour de la table", a-t-il indiqué dans les couloirs du parlement.

Il souligne l'importance de mobiliser toutes les sources de financement, depuis les investissements publics à divers niveaux de pouvoir aux partenariat public-privé, en passant par la mobilisation de l'épargne des particuliers.