Politique belge

Le duo formé par Zakia Khattabi et Patrick Dupriez a emporté dimanche la présidence d'Ecolo en recueillant 60% des voix face à l'équipe Chloé Deltour-Christos Doulkeridis qui a recueilli 38% des voix. Quatorze abstentions ont été recensées. "Ecolo est de retour", a clamé M. Dupriez après l'annonce des résultats, devant les 1.100 militants réunis à Louvain-la-Neuve.

" Aujourd'hui, on peut tous ensemble se retrouver autour d'un projet. Il n'est plus question de se diviser. Aujourd'hui, il est temps de se rassembler. C'est tous ensemble que nous allons faire gagner le part i", a déclaré Mme Khattabi.

Le duo succède à Emily Hoyos et Olivier Deleuze. Un tour de scrutin a suffi à départager les deux équipes.

Le nouveau tandem aura la lourde tâche de relever un parti sonné par sa défaite électorale et qui a connu de longs mois de transition. Il se mettra à la tâche dès lundi, tant à l'interne qu'en allant à la rencontre de la société civile et des mouvements sociaux, ont assuré les deux co-présidents. Mme Khattabi se donne un an pour mettre Ecolo en ordre de marche.

Au cours du débat, à huis clos, qui a précédé le vote, les cadres et figures de proue du parti sont restés discrets, a-t-on indiqué de sources concordantes. Les quelques personnalités qui se sont exprimées -Jacky Morael, Zoe Genot et Philippe Lamberts- l'ont fait en faveur du duo gagnant.

Groen était bien représenté lors de la réunion puisque c'est le chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, Kristof Calvo, qui présidait les débats en compagnie de la députée bruxelloise Barbara Trachte. La présidente des Verts flamands, Meyrem Almaci, était également présente.


Zakia Khattabi, une féministe attachée à la justice sociale

Comme Sarah Turine ou Emily Hoyos avant elle, Zakia Khattabi accèdera à la présidence d'Ecolo alors qu'elle n'a pas 40 ans. Elle gravit rapidement les échelons, grâce à un travail parlementaire régulier sur différentes thématiques, allant de l'intégration à la justice sociale, en passant par les droits des femmes. Agée de 39 ans, Zakia Khatabbi a été élue pour la première fois comme parlementaire en 2009, à la Région bruxelloise. Elle intègre le groupe des députés bruxellois siégeant au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et est désignée au Sénat où elle apparaît rapidement comme une des figures de l'opposition.

Elle s'investit dans des matières comme le droit d'asile, le statut des détenus, les créances alimentaires, la justice, menant notamment un combat contre l'extension de la transaction financière en matière pénale. Une altercation en séance avec la secrétaire d'Etat à l'Asile Maggie De Block au sujet de l'expulsion d'Afghans lui vaudra d'être mise sous le feu des projecteurs mais aussi de faire face à une avalanche de réactions haineuses sur ses origines familiales.

Son travail au Sénat lui vaut d'être désignée chef de groupe à la Haute assemblée à partir de 2012. Depuis mai 2014, elle siège à la Chambre alors que le Sénat a perdu la plupart de ses compétences.

Bruxelloise, Zakia Khattabi est née à St-Josse mais vit à Ixelles où elle est conseillère communale.

Assistante sociale de formation, elle a acquis une licence en travail social.

Zakia Khattabi a effectué un parcours dans la fonction publique, au Centre pour l'Egalité des chances et à la politique scientifique fédérale. Elle est également active dans le secteur associatif.


Patrick Dupriez, de la présidence du Parlement wallon à celle d'Ecolo

Patrick Dupriez est un homme politique peu connu du grand public même s'il a présidé durant deux ans le Parlement wallon. Elu député en 2009, il n'a pu conserver son siège à Namur en 2014, emporté par la défaite électorale de son parti. C'est en mars 2012 qu'il succède, à la présidence du Parlement wallon, à Emily Hoyos qui prend les rênes du parti avec Olivier Deleuze. Le duo succède à celui formé par Jean-Michel Javaux et Sarah Turine. Patrick Dupriez est alors député wallon depuis trois ans, premier écologiste à avoir décroché un siège dans la circonscription de Dinant-Philippeville.

Avant de s'installer au perchoir, Patrick Dupriez s'était montré actif à Namur dans des matières comme l'agriculture, la biodiversité, les travaux publics et l'environnement mais aussi, au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, à la petite enfance, la promotion de la santé et aux relations internationales.

Le député est à l'origine d'un décret qui supprime la prescription trentenaire des sentiers vicinaux. Il s'est également fait remarquer, en 2011, dans le dossier de la cartographie des zones Natura 2000 où il eut quelques échanges tendus avec le ministre de la Nature de l'époque, un certain Benoît Lutgen. L'animosité entre les deux hommes se réveilla quand, devenu président du Parlement wallon, Patrick Dupriez, plaide pour une circonscription électorale régionale qui lui vaut les foudres de Lutgen devenu président du cdH.

En tant que président de l'assemblée, Patrick Dupriez s'est engagé résolument en faveur d'initiatives communes au trois parlements régionaux, qui se concrétisèrent en janvier 2013 par une séance de travail associant les trois assemblées à propos des inondations.

Né en Afrique - son père était coopérant - et ayant passé une partie de sa scolarité en Brabant wallon, Patrick Dupriez, âgé de bientôt 47 ans, est installé à Ciney où il a été échevin de 2006 à 2009. En 2012, Ecolo y a cependant retrouvé les bancs de l'opposition à la faveur du retour de l'ancien bourgmestre Jean-Marie Cheffert (MR).

Ingénieur agronome des eaux et forêts, Patrick Dupriez a un parcours professionnel dans le secteur des ONG et de l'administration. Il a par ailleurs été responsable de la formation au centre d'étude du parti, Etopia, à partir de 2002.

Membre d'Ecolo depuis 1985, il est de ceux qui y ont lancé les premiers cafés politiques ainsi que les Etats généraux de l'écologie politique.