Sciences - Santé Les vaccins continuent d’avoir mauvaise publicité en Belgique, selon nos confrères de La DH.

Le journal médical américain EBioMedicine, qui s’interroge sur le sentiment des populations à l’égard des vaccins, vient de publier les résultats d’une enquête mondiale.

À la question "Pensez-vous que les vaccins sont sûrs ?", 14 % des Belges ont répondu "non". Preuve que le scepticisme à l’égard des vaccins reste bien ancré chez nous.

Ce sentiment anti-vax est de plus en plus populaire, particulièrement sur le Vieux Continent, puisque l’Europe compte sept des dix pays les moins confiants. Les plus méfiants sont les Français, avec 41 % de réponses négatives, et les Bosniaques, avec 36 %. Au total, 17 % des Européens pensent que les vaccins ne sont pas sûrs, contre 13 % pour le reste du monde.

Ces résultats peuvent surprendre puisque c’est en Europe, et notamment en Belgique, qu’il y a la meilleure couverture vaccinale. Si seul le vaccin antipoliomyélitique est obligatoire chez nous, près de 99 % des enfants seraient également vaccinés en 2017 contre le tétanos, la coqueluche et la diphtérie, peut-on lire sur le site du Centre fédéral d’expertise des soins de santé. Il faut dire que les 562 cas de coqueluches rapportés en 2016 avaient particulièrement effrayé les parents, d’où l’excellente couverture du vaccin anti-coqueluche cette année.

Mais selon les éditeurs du sondage, l’émergence de l’accès aux vaccins serait justement le principal obstacle à la vaccination. Car qui dit "plus de personnes vaccinées" dit "plus de risques de rencontrer des effets secondaires". La médiatisation de nos sociétés et l’utilisation toujours croissante des réseaux sociaux expliquent également l’évolution du scepticisme à l’égard des vaccins.

Le cas du vaccin contre la grippe est particulièrement parlant. En 2016, une grande campagne en faveur du vaccin avait été lancée. Il était d’ailleurs proposé gratuitement par certains organismes de santé. Mais à la fin de l’année, l’OMS annonçait que le vaccin n’avait été efficace que pour 20 à 30 % des personnes vaccinées. Plus de 70 % d’entre elles auraient, malgré le vaccin, attrapé la grippe. De quoi alimenter les débats sur l’efficacité et l’intérêt de certains vaccins.

Le sondage a également montré que les femmes et les personnes âgées étaient moins nombreuses que les hommes à douter de l’efficacité du vaccin.