400 000 patients belges Alzheimer ?

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Sciences - Santé

Alors que le nombre de patients atteints de démence, en général, et de la maladie d’Alzheimer, en particulier, explose - qui ne connaît pas dans ses proches un patient atteint ? -, cette pathologie neurodégénérative demeure curieusement taboue. Aussi, la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, traditionnellement célébrée le 21 septembre, est-elle toujours une occasion bienvenue de parler ouvertement de ce fléau, sans honte et sans se voiler la face.

1De quoi s’agit-il ? Faut-il le rappeler, la maladie d’Alzheimer est l’une des formes les plus fréquentes (60 à 70 %) des démences, terme qui englobe les problèmes de santé caractérisés par une diminution irréversible des facultés mentales. La maladie d’Alzheimer, qui affecte au début principalement la mémoire à court terme, engendre un déclin progressif des facultés cognitives et de la mémoire.

2Quelle est la prévalence de la maladie ? D’après les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2012, on estime à 38,6 millions le nombre de personnes dans le monde qui souffrent de démence. Ce nombre devrait doubler d’ici 2030 et plus que tripler d’ici 2050. Dans le monde, on estime ainsi que la démence touche 1,5 million de personnes en plus par an. " Un humain sur trois après 90 ans au maximum sera touché ", selon le P r Philippe Amouyel, spécialiste français. On trouve des cas de démence dans tous les pays. En Belgique, selon les sources, les chiffres diffèrent, allant du simple - officiellement 165 000 patients diagnostiqués comme souffrant de démence, dont 130 000 sont des patients Alzheimer - au triple, sil l’on tient compte de tous ceux qui ne le sont pas, selon la Fondation (d’utilité publique) pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer, qui finance en Belgique la recherche sur cette pathologie pour un montant de un million d’euros en 2012.

3Comment diagnostiquer la maladie ? Bien qu’elle ne soit pas encore optimale et fiable à 100 %, la détection de la maladie d’Alzheimer s’est affinée ces dernières années. S’il n’existe pas de test unique, l’association de signes cliniques, les résultats de tests neuropsychologiques et des signes radiologiques permettent un diagnostic sûr à plus de 90 %. Cela dit, quand les premiers signes se manifestent, la maladie évolue déjà depuis quinze voire vingt ans. Toujours incurable, la maladie, dont les causes précises ne sont pas encore bien définies, ne bénéficie à ce jour que de traitements visant à freiner son évolution, atténuer les symptômes et tenter de préserver au maximum les capacités du patient. Les "plaques" séniles ou dépôts de peptides bêta-amyloïdes, caractéristiques de la maladie, représentent la principale cible des stratégies thérapeutiques en cours. " Ces stratégies viennent de se heurter à l’échec d’essais thérapeutiques en phase finale (phase 3), au point de soulever des interrogations parmi certains investisseurs et scientifiques sur la pertinence de continuer à miser sur cette voie , expliquent des spécialistes français. Au chapitre de ces revers remarqués, l’abandon - faute d’avoir obtenu les améliorations espérées chez les patients - par les laboratoires pharmaceutiques américains Pfizer et Johnson & Johnson d’essais en phase finale d’une nouvelle molécule censée combattre la maladie, le "bapineuzumab" - un anticorps ciblant la protéine bêta-amyloïde -, testée chez des patients atteints d’une forme légère ou modérée de la maladi e."

4Où en sommes-nous dans la recherche chez nous ? "Les scientifiques belges se trouvent à la pointe mondiale de la recherche, il manque seulement le financement approprié, estime le P r Christine Van Broeckhoven, de l’Université d’Anvers, pionnière dans le domaine de la recherche sur la maladie d’Alzheimer et les affections apparentées. Ces dernières années, des pas importants ont été effectués en cette matière. Les mécanismes qui causent cette affection apparaissent de plus en plus clairement. Le pas consistant à trouver des thérapies et des médicaments appropriés en est alors la suite logique ." La Fondation Recherche Alzheimer diffuse non seulement un message d’espoir, mais appuie de manière fort active, depuis 1998, la recherche scientifique sur la maladie d’Alzheimer dans notre pays. Au total, septante-cinq projets de recherche importants ont été financés pour un montant global de 5 000 euros. Depuis l’an dernier, on peut aussi compter sur la collaboration précieuse de la Fondation Roi Baudouin qui encourage par ailleurs des projets permettant d’améliorer les relations avec les personnes atteintes de démence et qui leur offrent des occasions de garder leur place dans la société. Mieux communiquer avec ces personnes et adopter une attitude qui contribue à leur bien-être sont au centre des préoccupations de la FRB.

5Quels sont les principaux défis à venir ? Ils sont gigantesques. Pour la FRA, il s’agit notamment de " mener et soutenir des actions visant à retirer les patients Alzheimer de leur isolement en vue de venir en aide aux aidants par une offre spécifique et adaptée. Les partenaires et parents proches de ces patients se voient confrontés à des problèmes particulièrement graves, aussi bien au niveau matériel que psychologique ". Côté francophone, la ministre Eliane Tillieux a fait adopter en décembre 2010 un programme d’actions Alzheimer et maladies apparentées. L.D. (Avec AFP)

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