Sciences - Santé

Près de deux travailleurs sur trois (64 %) souffrent de stress au travail en Belgique. Un chiffre en hausse de 18 % par rapport à 2010, révèle une étude du spécialiste en ressources humaines Securex, dont "La Libre" a pu prendre connaissance en exclusivité. Un chiffre élevé mais qui n’étonne pas vraiment Heidi Verlinden, "HR Research Expert" chez Securex. "Cela veut dire aussi que 36 % des Belges ne souffrent pas de stress ! Et puis le stress n’est pas toujours négatif. Chez certains, il les aide même à être plus performants. Le stress ne pose réellement problème que lorsqu’on ne peut plus y faire face."

A ce propos, l’enquête menée auprès de 1 318 personnes révèle que, chez un travailleur sur quatre, ce stress provoque des problèmes physiques et psychologiques. "Et donc une diminution des performances", précisent les auteurs de l’enquête qui évoquent les maux de tête, les palpitations, l’insomnie, la dépression…

L’étude montre aussi que les troubles liés à l’excès de stress expliquent 37 % des jours d’absence pour maladie. Les travailleurs stressés totalisent en moyenne 20 jours d’absence par an, contre six pour les autres. Securex estime que le coût de ce stress s’élève au minimum à 3 750 euros par an par travailleur.

Ancienneté

Le stress a aussi un impact sur la rétention du personnel : 31 % des travailleurs trop stressés souhaitent quitter leur entreprise à court ou long terme, contre 20 % des autres collaborateurs. Ils sont aussi moins motivés à travailler longtemps : jusqu’à 58 ans seulement, contre 61 ans pour les autres.

Autre donnée : les travailleurs qui ont un contrat à durée indéterminée souffrent plus des problèmes liés au stress (28 %) que ceux qui ont un contrat à durée déterminée (19 %). Les travailleurs peu qualifiés sont aussi plus concernés (31 %) que les autres (24 %). Le stress ne touche que 17 % des cadres.

Securex constate aussi un lien avec l’ancienneté. Quelque 18 % des collaborateurs actifs dans la même entreprise depuis moins d’un an souffrent de stress, contre 25 % de ceux qui ont entre un et dix ans d’ancienneté, et 31 % de ceux qui sont là depuis plus de 11 ans.

Au niveau régional, des différences existent : les travailleurs souffrant de problèmes liés au stress sont moins nombreux à Bruxelles et en Flandre (24 %) qu’en Wallonie (37 %). C’est dans le Hainaut que les chiffres sont les plus élevés (41 %).

Comment expliquer cette évolution de l’importance du stress ? "La charge de travail est devenue plus importante", note Heidi Verlinden. "Les fonctions sont aussi plus complexes. Et puis les modes de communication ont changé : les collaborateurs sont joignables à tout moment et partout."

Si les entreprises sont conscientes du problème, rares sont celles qui ont une réelle politique de prévention. "Elles ne se rendent pas compte vraiment du coût que le stress représente. C’est pour cela que nous avons essayé de le chiffrer. La législation impose aux entreprises de faire un état des lieux du bien-être de leurs collaborateurs. Mais il y a moyen d’aller bien plus loin."Solange Berger