Sciences - Santé

Et si, plutôt que d'utiliser des fluides cadavériques, odeurs issues de la putréfaction d’un corps, on parvenait à reconstituer un "parfum" synthétique, reproduisant au plus près l'odeur de la mort pour pouvoir entraîner les chiens dressés par la Police fédérale à retrouver des cadavres? Voilà précisément l'objet des expériences qui sont actuellement menées par le Professeur François Verheggen, au laboratoire d’entomologie fonctionnelle évolutive de la faculté de Gembloux Agro-Bio Tech (Université de Liège), dans le cadre du mémoire de fin d’étude de Clément Martin, étudiant en dernière année Bio ingénieur.

Touchant aujourd'hui au but, les travaux des scientifiques belges ont cependant commencé il y a quelques années déjà. A l'époque, faute de modèles humains en décomposition, ce sont des cochons euthanasiés, qui avaient été utilisés et placés dans des milieux divers: une maison abandonnée, une forêt et une pâture. " Le cochon est le modèle qui se rapproche le plus du modèle humain, nous explique le Pr Verheggen. Nous avons en effet des régimes alimentaires relativement proches et des processus physiologiques assez similaires. Tout au long du processus de décomposition, nous avons collecté les odeurs émises par ces cochons. Au cours de ce processus, qui comprend cinq stades connus, les odeurs changent énormément. Chaque stade de décomposition est en effet caractérisé par des bouquets d'odeurs différents. Un corps en décomposition après un jour ne sent pas la même chose qu'après cinq ou six jours, quand il est en phase de gonflement".