Sciences - Santé

Le remède le plus efficace pour guérir quand on a de la toux, c'est de prendre un antitussif et un expectorant. C'est ce que pensent, à tort, 32 % les Belges interrogés dans le cadre d'une enquête sur la santé dans les médias, menée par Solidaris.auprès de 670 personnes en Belgique francophone. "Il n’est normalement pas indiqué d’associer un antitussif (destiné à stopper la toux) et un expectorant (favorisant l’expectoration) dans le traitement de la toux, les effets du premier allant à l’encontre du second, rappelle cette étude. La toux est d’ailleurs le plus souvent une affection courante et bénigne qui guérit seule dans la très grande majorité des cas".

La population serait-elle donc mal informée? Pour la mutuelle, il reste en tout cas "du travail d'information à faire, voire de désinformation: c’est qu’en automne et en hiver, les publicités ne vantant que les bienfaits des médicaments contre la toux inondent les médias !".

Qu'il s'agisse, entre autres, de mésusage de certains médicaments (18 % pensent que les antibiotiques sont indiqués contre la grippe) ou de méconnaissances sur les modes de transmission de certaines maladies ( 6% pensent que le sida peut se transmettre par une poignée de mains), les scores des répondants s'avèrent pour le moins variables.

Quant à la perception de son niveau de connaissance, elle semble plutôt hasardeuse. "Si, quel que soit le niveau de connaissances, les répondants déclarent majoritairement avoir un bon niveau de connaissance, les personnes ayant un faible et très faible niveau de connaissance sont légèrement plus nombreuses que les autres à déclarer qu'elles ont un très bon niveau d'information", note Solidaris, qui souligne au passage un score en moyenne plus élevé chez les femmes par rapport aux hommes. Quant aux âges, ce sont les 18-30 ans qui paraissent le moins bien informés en matière de santé. Et ils le savent: 1 jeune sur 3 déclare avoir un mauvais niveau d'information.

Quid de l'accessibilité?

A propos de l’accessibilité à une information santé de qualité via les médias, il n'y a pas unanimité : seuls 43,6 % des répondants estiment avoir vraiment accès à de l’information santé de qualité (par internet, par les médias classiques – journaux, télévision, radio) pour leur permettre de prendre correctement soin de leur santé.

Quant à comprendre facilement ce qu'un professionnel de santé leur demande de faire, 84 % estiment que oui, ils ont bien compris! Un taux qui descend à 66,2% s'agissant de comprendre l'information écrite. Fait-on pour autant ce qu'il faut pour être en bonne santé? Pour près des trois quarts (72,6 %), la réponse est oui.

Et que pensent les professionnels de la qualité de l'information santé dans les médias? Ils n'hésitent pas à dénoncer des problèmes de qualité dans l’information offerte, et pointent du doigt le Web, en particulier. Si une information "largement répandue" n'est pour une bonne partie de la population pas un gage de qualité (44,8% des répondants pensent néanmoins que si), pour la grande majorité, l'information doit-être scientifiquement validée (87,6%) et approuvée par le corps médical (85,2%). L'indépendance est un critère également largement partagé (85,9%).

Sont-ils critiques?

Selon cette enquête, oui, " globalement, les répondants sont fort critiques, que ce soit à l’égard de la qualité de l’information en général qu’ils soupçonnent d’être manipulée, ou de celle délivrée par les firmes pharmaceutiques ou des informations que l’on trouve sur Internet qu’ils suspectent souvent d’être fausses. Les répondants ont la perception que les médias sont plus influencés par les firmes pharmaceutiques que ne le sont les médecins". On peut alors s'étonner qu'une personne sur cinq fait quand même confiance aux pubs et aux firmes pour les informer, sans compter les personnes qui ne se prononcent pas à ce sujet...

Mais encore, quels sont dès lors les acteurs qui inspirent le plus confiance pour donner des informations santé ? Ce sont, de loin, les médecins spécialistes et les médecins généralistes. Ensuite viennent les institutions et d’abord les mutuelles, suivies des autorités publiques, moins bien vues, y compris l’OMS, qui fait pourtant mieux que les autorités belges et européennes. Suit enfin un groupe que l’on pourrait qualifier de "groupe des pairs", constitué des associations de patients, de la famille et des amis. Alors que les forums sur Internet inspirent moins confiance, de même que le milieu scolaire, grande est la méfiance envers les intérêts commerciaux (industrie), les journalistes, les blogs santé de particuliers et plus encore, les partis politiques.

Ils sont cependant nombreux à penser que la santé est un sujet qui devrait être davantage traité au sein des medias. A bon entendeur...