Sciences - Santé

A 70 ans, Axel Kahn est en pleine forme. Pour rallier Paris à Bruxelles où on l’a rencontré, il a d’abord marché 7 km depuis son domicile, pour atteindre la gare. Une paille toutefois, au regard de 2 057 km parcourus à pied et sac au dos, entre la pointe du Raz et Menton (France), du 8 mai au 22 juillet 2014. Un voyage à travers la France que le célèbre généticien parisien, qui n’a pas sa langue en poche, raconte dans son nouvel ouvrage "Entre deux mers" (Editions Stock).

D’un point de vue personnel, que vous apporte la marche ?

J’ai toujours marché. J’ai été louveteau, scout… Puis, j’ai commencé à faire de la grande randonnée. Cela fait 65 ans que je marche ! J’ai été élevé à la campagne et j’ai ce besoin presque physique de me ressourcer dans cette Mère Nature. C’est un peu comme le géant Anthée, qui avait besoin de s’allonger sur sa mère Gaïa pour retrouver ses forces. Moi aussi, j’ai besoin de m’allonger sur la mère nourricière, sur la terre vierge, pour arriver à me structurer, pour arriver à avoir les forces et l’équilibre physique et psychologique pour mener ma vie. Et puis, marcher est incroyablement propice à la pensée. De toutes les activités, c’est celle qui est la plus propice à cela. Marcher est une expérience spirituelle, oui, mais au sens de l’esprit humain alors, car je suis agnostique. Ce n’est pas l’esprit de créativité scientifique que cela stimule - cela fait 15 ans que je ne fais plus de recherche - mais plutôt ma sensibilité esthétique.

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