Sciences - Santé

Le "Med in Germany" a la cote : l’Allemagne est le pays européen accueillant le plus de patients étrangers. Même si les patients originaires du Benelux l’emportent en nombre, les cliniques et médecins raffolent le plus des riches Russes et Arabes. De plus en plus d’hôpitaux investissent ainsi dans le tourisme médical. En 2009, 71 000 étrangers ont subi un traitement hospitalier en Allemagne, 4 % de plus qu’un an auparavant, et 105 000 y ont consulté un médecin, a relevé dans une étude Jens Juszczak de l’école supérieure de Bonn.

Les patients étrangers apprécient le haut niveau de formation médicale, la bonne organisation des cliniques et le niveau tolérable des prix des soins. Les voisins sont les plus nombreux : 7 000 Hollandais, 6 000 Français, 4 000 Belges et 2 800 Luxembourgeois. Mais, le nombre de Russes a quadruplé en cinq ans, passant de 1 100 en 2004 à près de 4 500. Les patients des Emirats arabes unis étaient 2 000, devançant ceux d’Arabie saoudite (500 en 2009).

L’auteur de l’étude estime que l’islamophobie en Europe et les soulèvements en Afrique du Nord dévient les riches patients arabes vers Singapour, la Thaïlande et la Corée du Sud. Selon Jens Juszczak, les cliniques se plaignent en partie des Arabes, qui mettraient beaucoup de temps à payer leurs factures. Les Russes, eux, paieraient promptement.

Pour 86 % des hôpitaux, les patients les plus rémunérateurs proviennent de Russie, suivie du Benelux, des Emirats arabes unis, de l’Ukraine et de l’Arabie saoudite. Les cliniques offrent des services spéciaux : logement des proches qui souvent accompagnent les malades de pays lointains, quatre cliniques sur cinq aident les patients à obtenir des visas, la moitié d’entre elles arrange le voyage et le transfert de l’aéroport à l’hôpital. Trois quarts offrent un interprète médical et une cuisine kascher, halal ou autre, adaptée aux habitudes alimentaires des patients. Ceux-ci paient les mêmes tarifs que les Allemands, mais les cliniques ajoutent des suppléments pour l’interprète, la cuisine extra ou les transferts.

En moyenne les patients venant de l’étranger n’entrent que pour 0,4 % dans le chiffre d’affaires total des hôpitaux allemands. Mais certaines régions privilégiées le long du Rhin hébergent beaucoup d’hôpitaux attractifs pour les étrangers. L’an prochain, les trois villes rhénanes que sont Düsseldorf, Cologne et Bonn vont lancer, de commun avec le Land de Rhénanie-du-Nord/Westphalie, une offensive pour gagner de nouveaux patients à l’étranger.