Boson: "La dernière boule de l'Atomium placée"

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La découverte d'une particule compatible avec le boson de Brout-Englert-Higgs équivaut "au placement d'une dernière boule à l'Atomium", a déclaré mercredi en substance le professeur Dirk Ryckbosch de l'Université de Gand, lors d'une conférence de presse de chercheurs belges impliqués dans cette découverte.

Des dizaines de chercheurs des universités de Gand, Anvers, Louvain-la-Neuve, Mons et Bruxelles (ULB et VUB) ont participé dès le départ à la construction de l'expérience CMS ("Compact Muon Solenod"), qui étudie les phénomènes physiques dans les collisions de protons au Grand Colllisionneur de Hadrons, le LHC.

Les données accumulées indiquent, dans diverses analyses, un signal significatif qui se concentre autour d'une masse de 125 Giga électron-volts. Cette nouvelle particule observée est compatible, à l'intérieur de la précision limitée des statistiques, avec l'hypothèse du boson de Brout-Englert-Higgs.

Les chercheurs belges précisent cependant que des données supplémentaires seront nécessaires pour mesurer les propriétés de cette particule telles que les rapports d'embranchement dans les divers canaux et ultimement, son spin et sa parité, et donc vérifier s'il s'agit bien du boson de Brout-Englert-Higgs du modèle standard ou le résultat d'une nouvelle physique au-delà du modèle standard.

A la fin 2012, CMS espère plus que doubler son lot total de données, et ainsi sonder plus loin la nature de la nouvelle particule.

S'il ne s'agit pas du boson de Brout-Englert-Higgs du modèle standard, l'expérience CMS étudiera la nature de la nouvelle physique que cela implique.

Si cette particule s'avère être le boson de Brout-Englert-Higgs du modèle standard, ses propriétés seront étudiées en détail.

Dans l'un ou l'autre cas, les recherches de nouvelles particules ou forces, qui pourraient être observées dans les futures périodes de prise de données à plus hautes énergies et plus hautes intensités, se poursuivront.

"La voie est ouverte pour de nouvelles aventures", a indiqué le professeur Vincent Lemaître de l'Université Catholique de Louvain (UCL).

Deux physiciens belges, Robert Brout, aujourd'hui décédé, et François Englert, professeur à l'ULB, sont à la base de la découverte du boson en ayant formulé une théorie sur le mécanisme de brisure de symétrie dans un article publié en 1964. Ils ont ainsi fourni un élément décisif dans la construction du "modèle standard" des particules élémentaires.

Les avancées annoncées par le CERN mercredi pourraient faire entrer François Englert, Robert Brout et Peter Higgs en ligne de compte pour l'attribution du Prix Nobel de physique. Les trois physiciens ont déjà remporté quasiment tous les autres prix les plus prestigieux de la discipline.

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