Sciences - Santé 63 % des Belges ignorent les risques de cette pollution.

En Belgique, selon diverses études, on passerait entre 80 et 90 % de son temps à l’intérieur (au bureau, à la gare, dans le bus ou en voiture, à la maison, etc.). Une étude YouGov menée pour le groupe Velux auprès de 1.000 citoyens le confirme : 90 % du temps de chacun est passé entre quatre murs.

Plus d’un Belge sur 10 (13 %) indique qu’il passe près de 21 heures par jour à l’intérieur. Ce pourcentage varie selon les villes et provinces. On découvre que les Namurois et les Limbourgeois y passeraient 27 % de leur temps… Les habitants du Brabant flamand, de Flandre-Occidentale et d’Anvers y passeraient bien moins de 21 heures, selon l’étude.

Or, rester enfermé à longueur de journée, dans un lieu confiné et mal aéré, peut avoir des conséquences sur son moral, sur sa concentration et sur sa santé (voir article ci-contre sur les effets néfastes).

63 % des Belges semblent ignorer que l’air ambiant intérieur peut être "jusqu’à 5 fois plus pollué" que celui capté à l’extérieur.

"Quand on pense à la pollution de l’air, on a tendance à imaginer de grandes usines ou des zones urbaines très fréquentées avec des niveaux élevés d’émission de voitures", indique Peter Foldberg, responsable du centre d’expertise Energy, Daylight&Indoor Climate pour le groupe Velux, dans un rapport. "Cela révèle un besoin de sensibilisation et d’éducation sur l’impact de nos modes de vie à l’intérieur sur notre corps et notre esprit en termes de santé et de bien-être."

Ils poursuivent, alarmistes, précisant que "le nombre d’enfants souffrant d’asthme ou d’allergies devrait donc continuer à augmenter, à moins d’améliorer la ventilation des maisons et des bâtiments publics. En effet, le risque de souffrir d’asthme augmente de 40 % si vous passez trop de temps dans des bâtiments humides" .

Pour assainir l’air de votre maison, les spécialistes suggèrent d’ouvrir vos fenêtres "trois fois par jour pour laisser entrer l’air frais", de "fermer les portes de la salle de bains et d’activer le ventilateur extracteur ou d’ouvrir une fenêtre lorsque vous prenez une douche, et d’ allumer la hotte lorsque vous faites à manger et d’ouvrir les fenêtres". Ils suggèrent d’éviter d’allumer des bougies dans un endroit confiné et de "nettoyer régulièrement" votre intérieur.

Effets néfastes sur la santé

La pollution intérieure existe bel et bien. Elle peut avoir des effets néfastes sur la santé. De nombreux maux peuvent traduire un environnement intérieur pollué.

En effet, divers polluants biologiques et/ou chimiques, des particules fines, de la poussière, une exposition à la fumée de cigarette, une mauvaise ventilation, de l’humidité pour n’en citer que quelques-unes, sont pointés du doigt par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

À plus ou moins long terme, ils seraient responsables, comme l’affirment des spécialistes, de problèmes de santé tels que des nausées, intoxications, risques d’asthme, d’allergies, irritations de la peau ou des yeux, migraines, toux inexpliquée, gorge qui gratte, hypersensibilité à certains produits d’entretien… À plus long terme, le mot cancer est aussi prononcé.

Selon l’OMS, dans les pays les plus pollués du globe, on perdrait jusqu’à 16 mois de vie à cause de l’air pollué au sein des maisons et bâtiments dans lesquels on passe la majeure partie de son temps.

Syndrome

La dégradation de l’air intérieur ou l’exposition à des nuisances sont responsables de nombreux problèmes de santé tels que des irritations des muqueuses, une concentration difficile, des difficultés respiratoires… Lorsque ces maux sont nombreux et combinés et que plusieurs personnes s’en plaignent, à des degrés divers, on parle de syndrome du bâtiment malsain (Sick Building Syndrome, en anglais).