Sciences - Santé Chaque jour, en Belgique, en moyenne 30 personnes sont victimes d'un arrêt cardiaque hors d'un hôpital. Faute d'aide adéquate ou immédiate, mais également par manque d'infrastructure appropriée, 28 d'entre elles succomberont.


"Cette mort subite est le résultat d'un trouble du rythme cardiaque provoquant l’interruption de la fonction de pompage du cœur et ainsi de la circulation du sang dans le corps. Les organes vitaux, en particulier le cerveau, ne sont alors plus alimentés en oxygène, ce qui – sans intervention immédiate pour relancer le cœur – entraîne le décès", expliquent les cardiologues dans le cadre de la 8e Semaine du rythme cardiaque, qui se déroulera du 29 mai au 2 juin. Lancée ce mardi midi, à Bruxelles, cette campagne de sensibilisation de la Belgian Hearth Rythm Association (BeHRA) a choisi pour thème, cette année, l'arrêt cardiaque.

"Un arrêt cardiaque est en général un événement très soudain qui se produit souvent sans aucun symptôme préalable", explique le Dr. Ivan Blankoff, cardiologue au CHU de Charleroi et Vice-Président de la BeHRA. Difficile à prédire, donc, touchant tout le monde, à tout âge, l'arrêt cardiaque frappe quelque 11000 personnes chaque année dans notre pays, avec une issue fatale dans 90 à 95 % des cas.

C'est de la rapidité avec laquelle la victime recevra l'aide adéquate que dépendra sa survie. "Chaque minute qui passe sans massage cardiaque ou choc électrique externe par un défibrillateur pour relancer le cœur diminue les chances de survie de 10%", commente le Dr. Blankoff. "Après 4 à 6 minutes d’arrêt cardiaque sans intervention, les cellules du cerveau commencent à être irrémédiablement endommagées, et le taux de survie aura chuté de manière exponentielle pour n’atteindre que 5% à 10%. Pourtant, une réanimation avec défibrillation précoce endéans les premières minutes permettrait de sauver annuellement plusieurs milliers de vies humaines".

Les gestes qui sauvent

Le premier geste consiste à appeler les secours, idéalement en téléphonant au 112. Après quoi, il faut initier le massage cardiaque. Une intervention rapide se fait au travers de compressions thoraciques et d’insufflations, mais la seule action vraiment efficace reste l’administration d’un choc électrique au cœur par le biais d’un défibrillateur externe automatisé (DEA) afin de relancer le cœur.

D'une enquête réalisée à l'initiative de l'association de cardiologues auprès de 3760 Belges, afin de sonder leurs connaissances et expériences en la matière, les trois quarts (76%) des personnes jeunes et plus âgées n’ont encore jamais suivi une formation en réanimation. Or, autre chiffre interpellant,13% des répondants ayant bel et bien été formés aux gestes qui sauvent indiquent être déjà intervenus lors d’un arrêt cardiaque. Si nos concitoyens semblent être au fait des bons réflexes et de la marche à suivre en théorie pour ce qui concerne les gestes de réanimation, la formation pour les exécuter correctement manque toutefois.

Alors que la grande majorité (90 %) reconnaît un défibrillateur externe automatisé sur photo et sait à quoi sert l’appareil, ils sont près de 40% à penser n'en avoir jamais vu un dans la réalité. Et si la situation devait se présenter à eux, environ 60 % oseraient utiliser le DEA, chiffre qui grimpe à 82% lorsque les répondants apprennent que l'appareil donne des instructions claires à voix haute!

Encore trop peu de défibrillateurs en Belgique


"C’est pourquoi les initiations et formations aux gestes qui sauvent sont – littéralement – d’une importance vitale. Même si de plus en plus de DEA sont disponibles, la Belgique reste encore bien à la traîne en comparaison avec nos voisins bataves par exemple, qui en possèdent entre 8 et 10 fois plus selon certaines estimations : 10 000 versus 80 000 à 100 000", conclut le Dr. Blankoff.

" Bien que les services de secours du 112 peuvent vous aider à localiser un DEA, ils sont condamnés à se reposer sur des listes trop peu fiables en termes de localisation, accessibilité et état de fonctionnement. C’est pour cette raison que la BeHRA a créé sur www.monrythmecardiaque.be une carte interactive, permettant de retrouver ces mêmes défibrillateurs proches de chez vous, où chacun peut faire part d’appareils manquants ou d’éléments à mettre à jour par rapport à la liste disponible".

A l'occasion de cette semaine du rythme cardiaque, des sessions d'information et d'initiation auront notamment lieu dans douze écoles secondaires à travers le pays.

Entre arrêt cardiaque, crise cardiaque et insuffisance cardiaque, il y a des différences


D'après l'enquête, 60% des Belges ne connaissent pas la différence entre l’arrêt cardiaque, la crise cardiaque et l’insuffisance cardiaque. Ils en confondent les symptômes alors qu’il s’agit en réalité d’affections très différentes !

Faisons le point:

Un arrêt cardiaque est le résultat d’un trouble du rythme cardiaque par lequel la fonction de pompage du cœur s’interrompt. Le sang ne circule dès lors plus dans le corps.

Lors d’une crise cardiaque aussi appelée infarctus du myocarde, un caillot de sang vient brutalement bloquer une artère nourricière du cœur, appelée artère coronaire. Ceci coupe le passage du sang – et donc de l’oxygène – vers une partie du muscle cardiaque, qui s’en retrouve alors endommagée. La crise cardiaque est la cause la plus fréquente d'arrêt cardiaque.

Le cœur de patients souffrant d’insuffisance cardiaque pompe insuffisamment le sang. Avec un cœur en bonne santé, la fraction d'éjection – la proportion de sang pompée hors du cœur à chaque battement – dépasse les 50%. Si la fonction de pompage échoue et ce pourcentage descend en dessous de 35%, la personne court davantage de risques de souffrir d’un arrêt cardiaque.


Le défibrillateur externe automatisé, facile d'emploi

Le défibrillateur externe automatisé ou DEA est un appareil conçu pour administrer un choc électrique aux personnes atteintes d'un arrêt cardiaque afin de relancer le cœur. Le DEA est très simple d'emploi : tout le monde peut le manier sans formation préalable grâce à des directives toujours très claires.
Le plus souvent, l'appareil prodigue les instructions à haute voix. Des défibrillateurs sont accessibles dans les endroits publics comme les maisons communales, les centres sportifs, les quartiers résidentiels, les gares, les aéroports mais aussi dans l'espace privé, notamment au sein des restaurants, entreprises, salles de fêtes, …

A propos de la BeHRA


Créée en 1980, la BeHRA (Belgian Hearth Rythm Association) est un groupe de travail de la Société belge de cardiologie, rassemblant les cardiologues spécialisés dans les troubles du rythme cardiaque. Sa principale mission est l’amélioration de la prise en charge des patients qui en souffrent par l’organisation de réunions scientifiques annuelles pour les cardiologues, de formations à destination des médecins et du personnel de soins, ainsi que de campagnes de sensibilisation pour le grand public. Outre son soutien pour la recherche scientifique dans le domaine, la BeHRA met à profit son expertise pour favoriser une meilleure qualité des soins de santé en collaborant avec les autorités.
Plus d'infos sur www.behra.eu