Sciences - Santé

A une époque où l'on se croit surinformé, détrompons-nous, il reste manifestement des domaines où l'on demeure mal ou sous-informé. La contraception serait de ceux-là, du moins parmi les jeunes.

Impliquée sur le terrain parmi les jeunes de milieux variés, l'association SIDA'SOS constate depuis plusieurs années que ceux-ci ont véritablement besoin d'informations pertinentes et correctes en matière de contraception, notamment en ce qui concerne les différentes méthodes existantes. Ce vendredi, afin de combler cette lacune, une campagne a été lancée, à quelques jours de la Saint-Valentin, en collaboration avec quatre Fédérations de centres de planning familial (*).

"Cette désinformation est encore plus présente chez les garçons, pour qui la contraception est essen­tiellement 'une affaire de femme', constatent les initiateurs de la campagne. Les jeunes femmes affirment quant à elles rece­voir peu d’informations de la part des profes­sionnel(le)s de santé (gynécologues, médecins généralistes) sur les moyens de contraception autres que la pilule. De nombreuses jeunes filles qui racontent leur expérience lors des animations de SIDA’SOS ne connaissent ainsi pas les autres possibilités de contraception car la pilule leur a été prescrite “par défaut.”

Ce qui fait dire aux associations qu'un besoin en information émane clairement des jeunes "au sujet de la variété des moyens de contraception, des avantages que chacun peut présenter selon les modes de vie (ainsi que sur leur caractère changeant), ou encore de la place de la contraception dans les rapports hommes-femmes".

Comment la campagne a-t-elle été élaborée?

Pour ce faire et afin de déterminer clairement les besoins des jeunes en matière d’information sur la contraception, SIDA’SOS a élaboré une en­quête par questionnaire, envoyée par mail entre la fin du mois de dé­cembre 2016 et le début du mois de janvier 2017 à de nombreux(ses) étudiant(e)s âgé(e)s de 15 à 30 ans en Fédé­ration Wallonie-Bruxelles. Sur base de 865 ré­ponses, le groupe de jeunes travaillant sur ce projet a analysé les résultats de manière à cibler la perception de la contraception chez les étudaint(e)s, leur niveau de connaissance, leurs besoins et leurs attentes ainsi que les médias à utiliser pour les sensibiliser à cette théma­tique.

Pour réaliser cette campagne, il a été fait appel à des étudiant(e)s de l’ECS (Ecole de communication et publicité à Bruxelles), de l’ULB et de l’Institut supérieur de formation sociale et communication (ISFSC). Sur le site www.moncontraceptif.be, le ton est donné. Différentes options sont proposées: "Te permet de postposer tes règles"; "Passe inaperçu pendant le rapport sexuel"; "Pas besoin d'y penser tous les jours"; "Sans hormones"; "Protège contre les infections sexuellement transmissibles"; "Voir toutes les possibilités"; "Clique sur l'option que tu désires, et nous te montrerons les contraceptifs adaptés". Dans une autre section, on trouve quelques petites leçons d'anatomie…

Que ressort-il de cette étude?

Avant tout, il en ressort que les jeunes ne sont manifestement pas assez informés sur la diversité des méthodes contraceptives. Il apparaît en effet que la pilule reste le contraceptif le plus prescrit et que trop souvent les autres méthodes sont peu évoquées.

Les résultats de SIDA’SOS doivent néanmoins être ponctués avec ceux de l’enquête Solidaris menée en fé­vrier 2017. Selon cette enquête, la pilule, le DIU (Dispositif Intra-Utérin, anciennement appelé le stérilet) et le préservatif externe figurent dans le top 3 des moyens contraceptifs les plus connus, tant par les hommes que par les femmes. Les autres contraceptifs tels que l’an­neau, le patch ou encore le diaphragme sont, eux, moins connus. Aussi la présente campagne vise-t-elle à compléter et à consolider ces connaissances de base en infor­mant sur la diversité des moyens contracep­tifs disponibles pour garantir un choix libre et éclairé du moyen le plus adapté.

La campagne poursuit des objectifs multiples, notamment celui de sensibiliser autant les hommes que les femmes au partage des responsabilités en matière de contraception. Elle espère également contribuer à diminuer le nombre de grossesses non planifiées. "Le fait que les grossesses non prévues surviennent principalement lorsque les femmes utilisent une contraception (la pilule dans 65% des cas) démontrent à nouveau le nécessité de rappeler les conditions d’utilisation ainsi que l’existence d’autres moyens contraceptifs qui ne néces­sitent pas de devoir y penser tous les jours", souligne encore SIDA' SOS.

(*) Les Fédérations de centres de planning fa­milial sont la Fédération Laïque des centres de plan­ning familial (FLCPF), la Fédération des centres de planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes (FCPF-FPS), la Fédération des centres pluralistes de planning familial (FCPPF) et la Fédé­ration des centres de planning et de Consul­tations (FCPC)) et l’European Communication School (ECS).