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Connaissez-vous Abraham Ortels ? De son nom latin Ortelius, ce natif d’Anvers (en 1527) est considéré comme le créateur du premier atlas moderne. Son “Theatrum Orbis Terrarum” (Théâtre du globe terrestre) fut publié il y a bientôt 448 ans, le 20 mai 1570. A cette occasion, ce scientifique belge bénéficiera d’un coup de projecteur auprès des internautes, en particulier les visiteurs du site Google, ce dimanche 20 mai.

Le moteur de recherche changera son logo sur la page d’accueil, dans plus de 26 pays (du Guatemala à Taiwan, de l’Australie à l’Amérique, en passant par la Belgique), par une animation lui donnant la forme du premier atlas moderne, a appris “La Libre” en primeur.

© google

“Ortelius fut la première personne à mettre à la disposition du grand public des connaissances exploitables sur les cartes géographiques, à une époque où l’Internet n’existait pas encore. Aujourd’hui, nous voulons réaliser la même chose avec Google Maps, de façon numérique et pour les utilisateurs du monde entier”, détaille Michiel Sallaets, directeur de la communication chez Google Belgique, pour expliquer le choix du cartographe.

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Plus précisément, l’Anversois, auquel Google a aussi consacré une exposition virtuelle, créa un nouveau type de livre réunissant des cartes géographiques rassemblées sous le même format. En particulier, la première carte de cet atlas, celle du monde (ci-dessus), eut un impact énorme : elle permit de regrouper les dernières connaissances de l’époque concernant la taille et la forme des continents. Avec Gérard Mercator, il fut le plus grand géographe et cartographe de son temps. Et le premier à émettre l’hypothèse de la dérive des continents (déplacements horizontaux des blocs continentaux les uns par rapport aux autres). Il écrit ainsi : "les littoraux des continents sont tellement similaires qu’ils semblent s’être déchirés les uns des autres à un moment donné". Déjà de son vivant, il jouissait d'une grande renommée. Pierre-Paul Rubens fit d'ailleurs son portrait (ci-dessous).

© Pierre-Paul Rubens/Museum Plantin-Moretus

Magritte, Raveel, Paul Otlet…

Ce n’est pas la première fois qu’un Belge a l’honneur du “doodle” de Google (le nom donné à ces réaménagements du logo de la page d’accueil), même si ce n’est pas fréquent : Paul Otlet, le créateur du Mundaneum surnommé “l’ancêtre du moteur de recherche”, avait ainsi été choisi en 2015. Les peintres Magritte et Raveel étaient apparus respectivement en 2008 et 2016. On se souvient aussi du doodle réalisé le 22 février 2017 en hommage à la découverte des exoplanètes Trappist par des scientifiques liégeois.

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Début de la tradition en 1998

Ces changements temporaires sont apportés au logo de Google en l’honneur des vacances, des anniversaires et de la vie d’artistes célèbres, de pionniers et de scientifiques. C’est en 1998 que le concept du doodle est apparu, lorsque les fondateurs de Google Larry Page et Sergey Brin ont expérimenté sur le logo de l’entreprise - de façon encore très basique - pour indiquer qu’ils iraient au festival Burning Man dans le désert du Nevada.

© Google

Ce fut le début d’une tradition de décoration du logo de l’entreprise pour attirer l’attention sur des événements spéciaux. Google dispose désormais d’une équipe d’illustrateurs (“doodlers”) et d’ingénieurs qui conçoivent les doodles de Google. “L’équipe a fabriqué plus de 2000 doodles pour nos pages d’accueil internationales. Les idées de doodles viennent de partout, en majorité d’un groupe de doodle international de 150 Googlers”, indique-t-on chez Google. Les utilisateurs peuvent également livrer leurs idées via le compte Twitter @googledoodles. So. De.