Sciences - Santé

Du bathyscaphe d’Auguste Piccard à l’expédition sur l’île de Pâques, en passant par la découverte d’exoplanètes (lire ci-dessous), voici quelques-uns des projets qu’a financé le FNRS en l’espace de 90 ans. En présence du roi Philippe, le Fonds national de la recherche scientifique a fêté ce mardi ses 90 ans, à la chapelle musicale reine Elisabeth de Waterloo.

Depuis neuf décennies, son rôle est demeuré inchangé: financer la recherche fondamentale. Comment? D’abord, en finançant des chercheurs sur base d’appels à projets, soit pour une durée déterminée (les doctorants et post-doctorants), soit pour une durée indéterminée (les chercheurs plus confirmés).

Fonds publics

Ces chercheurs travaillent au sein des universités et sont intégrés au monde académique. Le FRS-FNRS finance ainsi environ 2.000 chercheurs chaque année. La fondation d’utilité publique a évolué, et s’est désormais scindée entre un fonds pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, le FRS-FNRS et un pour la Flandre, le FWO.

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Le budget, côté francophone, s’élève à 180 millions d’euros. La majorité vient de subventions publiques, octroyées par la Fédération Wallonie-Bruxelles, le gouvernement fédéral, la Région wallonne et la Loterie nationale. Les dons et legs, dont l’opération Télévie du groupe RTL, complètent le compte. Après 90 ans, le besoin de financement reste au cœur de la problématique, estime le FRS-FNRS. Faute de financement suffisant, “environ 10 à 20% des projets jugés excellents ne sont pas financés”, pointe le FNRS. “Nous ne sommes pas négligés par le politique, on sent une sensibilisation forte à la recherche scientifique, nuance le Fonds mais celle-ci est de plus en plus exigeante. Nous avons besoin de plus en plus de financements, nous recevons de plus en plus de demandes et davantage de chercheurs se révèlent excellents.”

La société, tournée vers l’innovation, a de plus en plus besoin de la recherche fondamentale et celle-ci évolue aussi, juge-t-on au Fonds. La transdisciplinarité est notamment davantage encouragée. La question de l’impact de la recherche est aussi devenu primordial. Même si la liberté de chercher reste le leitmotiv du fonds, insiste celui-ci.


Nonante ans de découvertes scientifiques

En 90 ans, des milliers de projets ont été financés par le Fonds national de la recherche scientifique. Petite sélection.

1933, l’île de Pâques. C’est l’archéologue Henry Lavachery, qui émit l’idée de cette expédition coûteuse, qui fut finalement le résultat d’une collaboration entre le FNRS et la France. Il en rapportera des statues pascuanes, à destination du musée du Cinquantenaire, notamment.

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1948, le premier bathyscaphe. Le physicien suisse Auguste Piccard, qui inspira le professeur Tournesol à Hergé, avait déjà eu l’aide en 1931 du FNRS pour le premier ballon stratosphérique (photo), sorte de laboratoire volant. En 1948, le FNRS l’aida à construire le premier batyscaphe, pour explorer les fonds marins.

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1967, la Grande barrière de corail. Passionné par les coraux, le zoologue Marcel Dubuisson lança cette expédition en Australie avec le soutien du FNRS. Les variétés prélevées sont encore visibles à l’aquarium de l’ULg.

1989, le Télévie. La récolte de fonds du Télévie, au profit du FNRS a permis de faire avancer la recherche, d’abord, contre la leucémie, puis contre le cancer en général. Rien qu’en 2018, près de 100 chercheurs et 8 nouveaux projets interuniversitaires seront financés.

2017, les exoplanètes. Parmi ses chercheurs actuels, le FNRS compte par exemple Michaël Gillon, découvreur des exoplanètes Trappist ou encore Cédric Blanpain, référence dans le domaine des cellules souches.




Le discours du roi à l'occasion des 90 ans du FNRS

Le roi Philippe était présent ce mardi à l'occasion du 90e anniversaire du FNRS. Il a tenu à exprimer son soutien à la recherche fondamentale ainsi qu'à tous les chercheurs du pays, nous dit un communiqué du palais.

Le discours dans son intégralité: