Sciences - Santé Signalés en zone urbaine, ces malades auraient eu des contacts avec 300 personnes environ. L’OMS, très préoccupée.

L’annonce, faite jeudi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de la découverte d’un premier cas d’Ebola confirmé et deux suspects en zone urbaine en République démocratique du Congo (RDC) laisse à nouveau craindre le pire. Redoutant “une épidémie urbaine majeure”, l’OMS parle d’une “situation très préoccupante” en évoquant ces nouveaux cas à Wangata, une ville de près de 1,2 million d’habitants de la province de l’Equateur dans le nord-ouest de la RDC. “L’OMS et ses partenaires travaillent ensemble pour intensifier rapidement la recherche de tous les contacts du cas confirmé dans la région de Mbandaka”, a déclaré le Dr Matshidiso Moeti, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique. Plus de 300 personnes auraient eu des contacts directs ou indirects avec des personnes contaminées par le virus à Mbandaka, gagnée par la panique.

Il y a une semaine, le 8 mai précisément, les autorités de la RDC avaient déclaré une épidémie d’Ebola dans le Nord-Ouest, près du Congo-Brazzaville. A ce jour, au total, l’OMS a comptabilisé 44 cas (3 cas confirmés, 20 probables et 21 suspects) et 23 personnes sont mortes, selon un porte-parole de l’OMS. Jusqu’à présent, tous les cas confirmés d’Ebola avaient été signalés dans une zone rurale très difficile d’accès, dans la région de Bikoro, située au nord-est de Kinshasa, à la frontière avec le Congo-Brazzaville. La ville de Mbandaka – où le premier cas urbain a été confirmé – est située à 700 km de la capitale, Kinshasa, et est distante de 100 km de l’épicentre de l’épidémie, à Bikoro.

Carrefour de plusieurs cours d’eau, Mbandaka approvisionne Kinshasa en poissons et gibiers par le fleuve. Le trafic par bateaux et pirogues est intense entre les deux villes. Selon un correspondant de l’AFP sur place, aucune disposition particulière n’est prise par les autorités sur le terrain pour contrôler les déplacements entre Mbandaka et Bikoro d’une part et entre Mbandaka et Kinshasa d’autre part.

Médecins sans frontières intensifie sa réponse

Ce jeudi, pas moins de 30 tonnes de matériel ont été envoyées depuis la centrale d’approvisionnement de Médecins sans frontières (MSF) à Bruxelles. Il s’agit de kits médicaux et de protection et désinfection (vêtements, gants, bottes…), kits logistiques, d’hygiène (des bâches, sprays de chlore…), de traitement de l’eau, médicaments palliatifs… L’organisation humanitaire a aussi annoncé que deux centres Ebola sont en construction, notamment à Mbandaka, et qu’une vaccination est envisagée en collaboration avec l’OMS et le ministère de la Santé congolais. Les équipes d’urgence MSF sont déjà présentes sur place à Mbandaka et ont installé une zone d’isolation dans l’hôpital principal de la ville (5 lits), et dans l’hôpital de Bikoro (10 lits).