Sciences - Santé

Non, nous ne sommes pas le 1er avril. Un groupe de scientifiques américains a bel et bien créé un embryon hybride mi-humain, mi-poulet. Une découverte évidemment controversée.

C'est dans une étude publiée dans la revue scientifique "Nature" que le biologiste Ali Brivanlou explique la création de cet embryon, aussi invraisemblable soit-il. En effet, pourquoi avoir décidé de mélanger des cellules humaines artificielles à des embryons de poulets?

Le biologiste et ses collègues, qui travaillent à l'université de Rockefeller à New York, s'expliquent. L'objectif est d'arriver à mieux cerner les premiers stades du développement fœtal. En d'autres mots, cette expérience scientifique vise à comprendre la façon dont les cellules s'organisent au sein de l'embryon humain pour donner naissance aux membres de celui-ci.

D'une expérience scientifique à une avancée majeure

"Les cellules souches embryonnaires humaines sont pluripotentes", relève le site ulyces.co . La pluripotence est la faculté de certaines cellules à se différencier en n’importe quel type de cellules spécialisées de l’organisme. Ces cellules vont ensuite créer les os, le cerveau, les poumons, le foie...

Parmi ces cellules, on retrouve les "cellules organisatrices". Leur rôle est de commander à d'autres cellules de se développer d'une façon ou d'une autre via des signaux moléculaires. Ce sont ces "cellules organisatrices" que l'équipe d'Ali Brivanlou traquait. En se posant cette fameuse question: existent-elles chez les êtres humains ?

Et c'est là, que cette découverte réalisée par Ali Brivanlou et ses confrères entre en jeu et a toute son importance. Ils ont réussi à observer pour la première fois les circuits moléculaires déterminant le destin d'une cellule. En cernant ces premiers stades de développement, les scientifiques espèrent que des traitements pour un large éventail de maladies seront trouvés.


Pourquoi des embryons mi-poulet, mi-humain?

Aux Etats-Unis, il est interdit d’utiliser des embryons vieux de plus de 14 jours. Afin de contourner ces règles, l’équipe d’Ali Brivanlou a décidé de cultiver en laboratoire des embryons artificiels dérivés de cellules embryonnaires humaines.

Au quatorzième jour, les scientifiques ont greffé ces cellules humaines sur des embryons de poulet âgés de 12 heures (soit le stade de développement de 14 jours pour un être humain).

Cette expérience a mené à la naissance d'une colonne vertébrale secondaire et d'un système nerveux. Elle a ainsi démontré l’existence d'un groupe de "cellules organisatrices humaines".

"À mon grand étonnement, la greffe n'a pas seulement survécu, elle a mené à la naissance de structures merveilleusement organisées", s'est félicité le Dr Ali Brivanlou. "Une fois que vous avez transplanté des cellules organisatrices humaines dans un embryon de poulet, le langage qu'elles utilisent pour signifier aux cellules d'oiseaux d'établir le cerveau et le système nerveux est exactement le même que celui utilisé par les amphibiens et les poissons", ajoute le biologiste.

Les embryons hybrides ont été détruits.