Édito: Le rêve

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Sciences - Santé

Il y a des moments rares dans l’histoire des hommes : quand Bach compose ses sonates, quand Rembrandt peint le mystère humain. Les découvertes scientifiques majeures procurent les mêmes émotions. On doit espérer que la découverte du boson de Brout-Englert-Higgs puisse insuffler un goût nouveau et des vocations pour les sciences. Ce boson ouvre la voie à des perspectives vertigineuses, comme fut bouleversante la découverte de l’ADN en biologie : le vide de notre Univers serait en réalité rempli par un grand champ, une mer, dit Englert, qui donne la masse. Une physique neuve émergera pour répondre aux autres défis comme celui de la matière noire et nous pourrons dire que les Belges y ont contribué. Que l’homme puisse percer ainsi le mystère des choses est une source d’émerveillement. Einstein disait que "la chose la plus incompréhensible à propos de l’univers est qu’il est compréhensible". Rien n’indiquait que notre esprit puisse le comprendre et l’exprimer dans des lois simples et unificatrices. La joie du physicien ressemble à celle du mathématicien qui, comme lui, cherche à percer l’obscurité qui nous entoure. Pour le grand mathématicien Cédric Villani, "chaque problème non résolu peut devenir une romance. Le chercheur prend cruellement conscience de l’inaccessible complexité du monde qui l’entoure. S’il accepte cependant la torture, c’est pour l’excitation de la découverte". Un autre mathématicien, Michel Atiyah, ajoute que "sans le rêve, il n’y a ni art, ni mathématiques, ni vie". Ce boson nous fait rêver !

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