Sciences - Santé

Est-ce qu’elle a eu mal de mourir?"; "Et s’il n’est plus là, il est où?"; "Est-ce qu’il est mouillé dans la terre quand il pleut?"; "Moi quand je serai grand, je serai papa et je mourrai" des questions et des mots d’enfants qui en disent long pour illustrer la brochure d’information d’"Espace papillon", le nom donné par l’association Cancer et psychologie pour ses "ateliers pour les enfants et les adolescents vivant la perte d’une personne proche maintenant ou il y a quelque temps déjà "

Puis aussi, interpellante, cette citation de l’historien français, Philippe Ariès, pris de passion pour l’étude de la population face à la mort à travers l’histoire: "Auparavant, on expliquait aux enfants que la cigogne avait apporté une petite sœur. Par contre, ils étaient à côté du lit de mort de leur grand-père. Maintenant, les enfants apprennent très tôt comment on vient au monde; mais quand grand-père meurt, on les tient à l’écart et on leur raconte qu’il dort dans un beau jardin parmi les fleurs."

Outre ces ateliers, qui ont lieu une fois par mois pour un cycle de cinq mois, Cancer et psychologie a également mis en place des espaces enfants/ados et des espaces familles. Il s’agit de lieux d’accueil à l’hôpital - il en existe sept à l’heure actuelle - créés en collaboration avec les équipes soignantes. Deux psychologues de l’ASBL proposent, au sein d’un groupe de pairs, un accompagnement aux enfants et aux adolescents pendant la maladie grave d’un proche. L’espace est un lieu d’expression où sont proposées diverses activités (jeux de société, bricolage, dessin ) pour soutenir la parole ou le silence. L’accès - généralement le mercredi après-midi - est libre et gratuit; chacun y reste le temps qu’il désire.

Les objectifs sont multiples et se situent à trois niveaux.

La prévention : il est important de reconnaître le traumatisme causé par l’annonce et les traitements de la maladie grave; sortir de l’écrasement d’une souffrance muette, en donnant la parole à l’enfant et à l’adolescent; leur permettre de maintenir un lien avec le parent, pour atténuer le sentiment d’abandon; voir la réalité des soins et éviter de filer dans un imaginaire plus dramatique encore.

Le groupe d’enfants ou d’adolescents : cet espace est l’occasion de se retrouver avec d’autres qui sont dans une situation semblable, afin de ne plus se sentir seul ou trop isolé; c’est un endroit où trouver un soutien et de nouvelles ressources.

La famille : c’est encore une façon de favoriser l’échange au sein de la famille et de la soutenir; de maintenir la communication entre la personne hospitalisée et ses enfants, pour qu’elle conserve sa place de parent pendant la maladie.