Sciences - Santé

"Nous avons l'ambition de faire de la Belgique la 'Silicon Valley' du biopharmaceutique", un secteur de pointe qui est en train de "réinventer son métier", notamment dans le plat pays qui est un des leaders dans le domaine, a indiqué jeudi Yves Verschueren, l'administrateur délégué d'essenscia, la fédération belge des industries chimiques et des sciences de la vie.

Dans cette optique, il s'agit de "nous faire connaître et d'établir des contacts", en Inde notamment, un pays qui présente un "potentiel de collaborations très important", a précisé à l'agence Belga M. Verschueren, qui participait à Mumbai (ex-Bombay) à un séminaire sur le secteur biopharmaceutique, en présence du roi Albert.

"L'Inde fait partie de nos priorités stratégiques, comme l'Europe, les Etats-Unis, et la Chine dans une certaine mesure", a confirmé Roch Doliveux, le CEO du groupe pharmaceutique belge UCB, qui est présent dans le sous-continent depuis 1958 et y a ouvert une usine en 1982.

"C'est un des plus grands marchés du monde, dans lequel UCB est encore sous-représenté sur le plan commercial. Nous avons besoin de mieux nous y implanter; il y a encore beaucoup à faire ici. Le pays, en plein développement, présente des besoins grandissants en médicaments", a-t-il poursuivi.

Pour l'heure, UCB n'a prévu aucun investissement en Inde, préférant se concentrer sur "la conquête du marché et des talents".

Selon M. Doliveux, la position de leader mondial de l'Inde en tant que producteur et exportateur de médicaments génériques ne constituera pas un frein à l'ambition de son groupe. "Il y a de la place pour chacun. UCB est présent dans l'innovation, et l'Inde a réalisé beaucoup de progrès en matière de protection de la propriété intellectuelle", a-t-il indiqué.

UCB, qui emploie 12.000 personnes dans plus de 40 pays et a réalisé un chiffre d'affaires de 3,6 milliards d'euros en 2007, a lancé récemment un plan de redéploiement, baptisé "Shape", en vue de se repositionner comme groupe biopharmaceutique de pointe, et non plus de médecine générale, et d'investir davantage dans la recherche en Europe, en Inde et aux Etats-Unis. Dans ce cadre, 555 postes de travail en Belgique et 2.000 au niveau mondial seront supprimés, soit environ 17% de ses effectifs actuels.

"Les avancées dans le monde de la médecine sont le fruit de recherches", a renchéri le managing director d'essenscia, Yves Verschueren. Or les médicaments génériques obligent l'industrie pharmaceutique, "qui traverse une période de remise en question, à réinventer son métier", en s'orientant vers la biopharmacie plutôt que la pharmacie traditionnelle.

Et la Belgique est à la pointe avec une industrie biopharmaceutique, prédominante dans les exportations du pays, qui présente des "atouts uniques": des chercheurs de haut niveau, grâce à un réseau académique et industriel, le caractère hautement qualifié et productif de la main-d'oeuvre, l'environnement fiscal compétitif, qui favorise la recherche, un cadre réglementaire favorable et une localisation avantageuse au coeur de l'Europe, a-t-il noté.

La Belgique possède le plus grand nombre de médicaments en développement par million d'habitants (16,2), devant le Royaume-Uni (14,2), les Pays-Bas (11,7) et les Etats-Unis (10,5). Elle est le deuxième exportateur de médicaments au monde en chiffres absolus et le septième plus gros investisseurs en recherche et développement.

Des médicaments et vaccins pour lutter contre les trois pandémies mondiales que sont le sida, la tuberculose et la malaria ont été mis au point dans notre pays, a souligné M. Verschueren. Le forum organisé jeudi à Mumbay s'inscrivait dans le "road show" mondial prévu dans le cadre d'une campagne lancée fin septembre avec l'objectif d'attirer dans le royaume des investisseurs en biopharmacie et de le positionner comme centre mondial d'excellence dans le secteur.