Sciences - Santé Issue de l'idée d'un journaliste orphelin de son père, cette avancée est un pas technologique vers l'immortalité.

Discuter avec les défunts. Voilà un vieux fantasme de l'humanité que certains pratiquent par le spiritisme ou que d'autres mettent en scène, comme dans un épisode de la série Black Mirror. Récemment, James Vlahos a pour sa part mis au point une chatbox sur l'application Messenger pour continuer à converser avec John James Vlahos, son père disparu voici un an.

Depuis que son paternel a succombé d'un cancer du poumon de stade 4, James continue ainsi de discuter avec lui par la messagerie instantanée de Facebook. Celle-ci lui répondant automatiquement à la manière dont John James l'aurait fait. Plus qu'un monologue, c'est un véritable échange qui se tient entre les deux entités.

Des heures d'enregistrement pour mettre sur pied des algorithmes

C'est lorsqu'il a pris connaissance du diagnostic des médecins que James Vlahos a eu l'idée de garder des souvenirs de son père. Avec toute la famille, ils retranscrivent des heures de conversation relative à divers sujets comme ses passions, ses origines, des anecdotes de sa vie. Au total, ce sont plus de 200 pages et 90.000 mots que les proches compilent mais sans savoir véritablement quoi en faire.

En se basant sur des articles concernant Hello Barbie (un robot à l'effigie de la célèbre poupée qui interagit avec les enfants) qu'il rédigeait pour le New York Times, James a alors l'idée de créer un agent conversationnel qui réagirait comme son père. Pour ce faire, il s'est replongé dans les notes et a décrypté la manière dont ce dernier réagissait aux différents thèmes.

Même s'il a été le principal partisan de cette conception, James admettait encore être surpris par l'outil lorsqu'il avait présenté celui-ci au Web Summit en novembre dernier. "Il arrive que je redécouvre des choses qu’aurait pu dire mon père" expliquait-il lors de cette conférence sur les technologies qui se tenait à Lisbonne. "Il va utiliser une tournure de phrase bien à lui dont je n'avais plus le souvenir."

Si l'initiative paraît positive pour léguer à la descendance l'intelligence artificielle d'un aïeul par exemple, elle pose néanmoins question sur la faculté de faire véritablement le deuil d'un proche disparu. Et James l'admet à demi-mot en évoquant les conversations que les membres de sa famille ont eues avec son père virtuel. "Ils sourient et ensuite ils pleurent."