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La station polaire belge Princess Elisabeth en Antarctique, qui doit être inaugurée dimanche, est la première base de recherche de ce continent intégralement conçue et construite pour être une infrastructure à "zero emission".

Le concept de "zero emission" est double. D'une part, la conception même de la station a été effectuée à partir de matériaux et de technologies choisis en fonction de principes d'éco-construction qui tendent à atténuer l'impact environnemental de la station. D'autre part, la station fonctionnera entièrement à l'aide d'énergies renouvelables. En effet, Le soleil et le vent fourniront à la station Princess Elisabeth l'énergie dont elle a besoin.

Neuf éoliennes sont installées à côté de la station. En ce qui concerne l'énergie solaire, des panneaux photovoltaïques seront disposés sur le toit et sur les murs extérieurs de la station, ainsi que sur les toits des garages. A cela viennent s'ajouter des panneaux thermiques qui seront également placés sur le toit de la station. L'énergie produite par les éoliennes et les panneaux solaires sera stockée dans des batteries logées au coeur de la station.

Les besoins énergétiques de la station Princess Elisabeth, construite par l'International Polar Foundation (IPF) représenteront à peine 20% de ceux d'une station antarctique de taille comparable.

L'emplacement retenu pour la station est une petite arête située à 500 mètres au nord du nunatak Utsteinen et à quelques kilomètres seulement de la chaîne de montagnes des S°r Rondanes. Distante de 190 km des côtes, la station se situe à mi-chemin entre la base russe Novolazarevskaja et la base japonaise Syowa, distantes l'une de l'autre de 1.100 km et non loin de l'emplacement de l'ancienne Base Roi Baudouin, dans une région qui a longtemps été dépourvue d'infrastructure logistique et scientifique. "Plusieurs raisons nous ont amenés à choisir le site d'Utsteinen pour la construction de la station Princess Elisabeth", explique Hugo Decleir, glaciologue à la Vrij Universiteit Brussel (VUB) et cofondateur de l'IPF. "L'implantation sur une arête rocheuse a été choisie parce qu'il s'agit d'un endroit plat non recouvert de neige, ce qui permet d'assurer une bonne stabilité à la station. Cette situation permet également l'érection d'éoliennes face aux vents dominants. Le fait que l'arête soit entourée de neige est également profitable à la station étant donné qu'elle constitue une réserve en eau pour ses habitants", ajoute le glaciologue.

La politique scientifique fédérale belge (BELSPO) sera à la tête des projets de recherche scientifique. De manière générale, les domaines abordés dans le cadre de la recherche scientifique seront les suivants: météorologie, microbiologie, géophysique, séismologie, géomagnétisme et glaciologie.

Fin 2008, une première phase de BELISA (Belgian Princess Elisabeth Station Antarctica) Research a été lancée. Avant même l'inauguration de la station, le glaciologue de l'Université libre de Bruxelles (ULB), Frank Pattyn, accompagné d'une équipe internationale auront été les premiers chercheurs à pouvoir utiliser la station comme base d'opérations pour leur expédition.