Interdire les échographies de plaisir ?

Antoine Clevers Publié le - Mis à jour le

Sciences - Santé Déjà très présent en France et au Royaume-Uni, le phénomène des échographies de plaisir se développe de plus en plus en Belgique, relève la Dernière Heure aujourd'hui. Ce qui inquiète Catherine Fonck, chef de groupe CDH à la Chambre et médecin de formation… “Nous devons légiférer en la matière”, estime-t-elle.

Une échographie dite de plaisir (ou affective) n’est pas un acte médical. “Il s’agit d’un premier contact avec le bébé” explique la responsable de Babybelly (un centre de bien-être et d’imagerie pour femmes enceintes). Elle parle d’ailleurs plus volontiers d’“échographies souvenirs”.

Les parents peuvent ainsi admirer leur futur enfant sous toutes les coutures. Notamment en 4 D. C’est-à-dire grâce à une vidéo avec images en 3 D – la 4e dimension étant le temps. Certains centres proposent même une 5e dimension, qui serait l’émotion… Coût : entre 20 et 150 euros, selon les souvenirs (photos et vidéos) que les parents ramènent à la maison.

“Ce qui est interpellant, c’est la manière dont l’échographie est réalisée”, reprend Catherine Fonck. “Le fœtus subit une exposition prolongée aux ultrasons, le plus souvent braqués sur la tête ou les organes génitaux. Or, on connaît toute la fragilité du fœtus pendant la période de formation.”

Chez Babybelly, on rappelle à juste titre que la dangerosité des ultrasons n’a jamais été prouvée. Ni sur le fœtus ni sur la mère. “En plus, l’échographie en 3 D ne dure pas plus de cinq minutes. Il n’est pas question d’exposition prolongée.”

De son côté, l’ONE (l’Office de la naissance et de l’enfance) met en garde. L’échographie est une technique relativement récente et on ne peut pas exclure qu’utilisée trop longtemps, et de manière incontrôlée, elle ne génère d’effets néfastes”, dit le docteur Gilles Ceysens, conseiller gynécologue ONE, dans un spot de prévention. “On ne sait pas, à l’heure actuelle, si cela représente des risques ou pas. Les médecins sont tenus par le principe de précaution, alors pourquoi pas” les parents de l’enfant, interroge-t-il.

Catherine Fonck interpellera (si l’agenda le lui permet) la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx (PS), aujour- d’hui. “Elle doit solliciter l’avis du Groupement des gynécologues obstétriciens de Belgique. S’il va dans le même sens que son homologue français (NdlR : qui préconise de ne pas exposer le fœtus inutilement aux ultrasons), il faudra adopter une position stricte et interdire ce type d’échographie. Mais, de toute façon, nous devrons baliser les choses.”

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