Intérêt confirmé d'un traitement contre le cancer avancé de la prostate

AFP Publié le - Mis à jour le

Sciences - Santé

Une étude publiée mardi vient confirmer l'intérêt d'un nouveau traitement dans les cancers avancés de la prostate qui ne répondent plus aux traitements par hormone et à la chimiothérapie de dernière génération, avec un gain de survie évalué à près de cinq mois.

"C'est un résultat important car pour la première fois un médicament est capable d'améliorer la survie des patients les plus graves qu'on puisse imaginer", explique à l'AFP l'un des auteurs de l'étude, Karim Fizazi, de l'Institut Gustave Roussy (IGR), grand centre de lutte contre le cancer situé près de Paris.

La nouvelle molécule, acétate d'abiratérone --commercialisée par le laboratoire américain Johnson & Johnson sous le nom de Zytiga-- a également l'avantage d'améliorer la qualité de vie de patients dont le cancer a atteint le stade des métastases le plus souvent osseuses, souligne ce cancérologue.

"Il y a un bénéfice clair en qualité de vie. Les patients se disent moins fatigués, avec moins de douleurs et moins de pertes en autonomie", explique le Pr Fizazi.

Cette étude internationale en double aveugle, financée par une filiale du laboratoire américain, "confirme que l'acétate d'abiratérone prolonge de manière significative la survie globale des patients atteints d'un cancer métastatique de la prostate résistant à l'hormonothérapie et en progression après un traitement par docetaxel" (chimiothérapie de dernière génération), indiquent les chercheurs dans l'article paru dans The Lancet.

L'étude a été conduite auprès de 1.195 patients dans 13 pays, avec un âge moyen de 69 ans. La survie moyenne des 797 patients traités par Zytiga a été de 15,8 mois après chimiothérapie par docetaxel, tandis que 398 patients ayant reçu un placebo ont survécu 11,2 mois.

Ce gain peut paraître modeste mais est en fait significatif, souligne le Pr Fizazi, car "il y a quelques années" encore on considérait que ce type de patients n'avait plus que "six mois à un an à vivre".

En juin, les résultats préliminaires d'un autre essai sur l'acétate d'abiratérone sur des patients cette fois non traités par docetaxel ont également été jugés prometteurs lors de la conférence américaine annuelle sur le cancer (Asco).

L'acétate d'abiratérone, qui agit en inhibant une enzyme servant à la fabrication de la testostérone, considéré comme le carburant des cellules prostatiques tumorales, "est déjà donné en prescription et a permis d'améliorer non seulement la survie mais aussi la qualité de vie des patients" souligne de son côté l'urologue Laurent Salomon, de l'hôpital Henri Mondor, près de Paris.

A cette molécule s'ajoute un autre traitement, l'enzalutamide (MDV3100 - pas encore autorisé en Europe) qui par un autre mécanisme d'action sur la testostérone, permet également à des malades atteints de cancer métastatique de gagner des mois de vie, selon le Pr Salomon.

Le cancer de la prostate qui est le plus fréquent pour l'homme en France avec 71.000 nouveaux cas par an et 9 000 décès, vit une "révolution depuis un an ou deux" avec l'arrivée de nouvelles molécules pour la prise en charge des cas les plus avancés, selon cet urologue. "On a eu plus de progrès en trois ans que durant les 30 années précédentes", confirme de son côté le Pr Fizazi.

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