Sciences - Santé L'adolescence durerait désormais de 10 à 24 ans. Vous êtes surpris ? Vous en doutez ? C'est en tout cas ce qu'avancent trois scientifiques dans une lettre publiée dans la revue " Lancet Child & Adolescent Helth journal" et repérée par la BBC. Les scientifiques tirent deux conclusions pour étayer leur réflexion.

Une puberté précoce   

Tout d'abord, la puberté serait de plus en plus précoce. Elle débute ainsi lorsque l’hypothalamus commence à libérer une hormone qui active la pilosité du corps et les organes reproducteurs. A l'époque, l'âge moyen de cette puberté était de 14 ans mais elle se déroulerait désormais à 10 ans en raison des progrès de la santé et de la nutrition dans les pays développés.

Selon les scientifiques signataires de cette lettre, l'adolescence durerait également plus longtemps et les jeunes ne rentreraient dans la vie d'adulte qu'à 24 ans. Il existerait des arguments biologiques à cette hypothèse comme par exemple le fait que cerveau continuerait à mûrir après l'âge de 20 ans ou les dents de sagesse qui ne sortent pas chez la majorité des hommes avant 25 ans.

"Notre définition actuelle est trop limitée"

De même, avec la hausse du niveau d'études, l'âge du mariage recule puisqu'il était respectivement de 32.5 ans et de 30.6 ans pour les hommes et les femmes en Angleterre et au Pays de Galles en 2013. "Bien que les privilèges de la vie d'adulte commencent en général à l'âge de 18 ans, l'adoption du rôle d'adulte et les responsabilités qui en découlent arrivent désormais plus tard", écrit Susan Sawyer, directrice du Centre pour la santé des adolescents de l'hôpital Royal pour enfants de Melbourne.

Selon elle, le fait que les jeunes se marient plus tard, deviennent parents plus tard, quittent la maison parentale plus tard et soient indépendants économiquement à un âge plus avancé, signifient que la "semi-dépendance" qui caractérise l'adolescence est étendue. Ce changement social doit entraîner selon elle une extension des services de soutien à la jeunesse jusqu'à l'âge de 25 ans.

"Les définitions de l'âge sont toujours arbitraires", écrit-elle."Notre définition actuelle de l’adolescence est trop limitée. Les âges entre 10 et 24 ans me paraissent plus adaptés au développement des adolescents aujourd'hui."

Un risque d'infantilisation ?

Des conclusions critiquées par Jan Macvarish, sociologue en éducation à l'université du Kent. Ce denier affirme qu'il y existe un danger d'infantilisation des jeunes si l'on étend ce concept d'adolescence. "Les enfants plus âgés et les jeunes sont façonnés de manière beaucoup plus significative par les attentes de la société à leur égard que par leur croissance biologique intrinsèque. La société devrait maintenir les attentes les plus élevées vis-à-vis de la prochaine génération."