Sciences - Santé

Responsable de 2,5 millions de décès (soit 4 %) chaque année dans le monde, l’usage nocif de l’alcool est "un problème mondial qui compromet autant le développement social que celui de l’individu", a averti l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans le premier rapport depuis 2004 que l’agence onusienne vient de publier sur le sujet. Troisième facteur de risque de morbidité dans le monde, l’alcool est le principal facteur de risque dans les régions du Pacifique occidental et des Amériques et le deuxième en Europe. Dans les pays émergents peuplés comme l’Inde ou l’Afrique du Sud, la hausse du niveau de vie entraîne une hausse considérable de la consommation alors que des pratiques comme le binge drinking se développent de manière inquiétante dans les pays développés.

Face à cette évolution, l’OMS déplore le fait que la lutte contre la surconsommation de boissons alcoolisées ne semble pas figurer parmi les priorités de santé publique pour la plupart des gouvernements, et ce, malgré les très nombreuses conséquences non seulement sanitaires, qu’il s’agisse de la santé physique et/ou mentale, mais également sociales.

C’est que le fléau est la cause principale d’une soixantaine de types de blessures ou de maladies, note encore l’OMS dans ce rapport. "La consommation nocive d’alcool est un déterminant majeur de troubles neuropsychiatriques tels que les troubles liés à l’alcool et l’épilepsie et d’autres maladies non transmissibles comme les maladies cardio-vasculaires, la cirrhose du foie et divers cancers (voir par ailleurs)", souligne l’OMS, l’usage nocif de l’alcool est également associé à plusieurs maladies infectieuses comme le VIH/sida, la tuberculose et les infections sexuellement transmissibles (IST). Car la consommation d’alcool affaiblit le système immunitaire et a un effet négatif sur l’observance par le patient du traitement antirétroviral".

Pour compléter le tableau, il convient d’ajouter les traumatismes intentionnels ou non intentionnels, y compris ceux dus aux accidents de la circulation routière, à la violence et aux tentatives de suicide, mais aussi la maltraitance ou la négligence des enfants, l’absentéisme sur le lieu de travail Autant de problèmes sociaux et développementaux graves associés à un usage abusif de l’alcool.

Petite consolation toutefois, si la consommation excessive pose de sérieux soucis, modérée, elle peut s’avérer bénéfique au niveau de la prévention des maladies cardiaques ainsi que des attaques cérébrales, n’a pas manqué de confirmer l’OMS.