Sciences - Santé L’accès aux traitements est élevé, mais il y a un relâchement dans la prévention et le financement.

La lutte contre le sida est en plein paradoxe : la proportion de séropositifs qui ont accès aux traitements n’a jamais été aussi élevée mais un relâchement dans la prévention et la baisse des financements font craindre un rebond de l’épidémie, a averti mercredi l’Onu. Près de trois séropositifs sur cinq dans le monde - 21,7 millions sur 36,9 millions au total - prennent des traitements antirétroviraux, soit la plus haute proportion jamais atteinte, selon un rapport de l’Onusida publié mercredi. "Malheureusement, nous sommes un peu victimes de ces résultats", a nuancé Michel Sidibé, le patron de l’Onusida, en déplorant une "crise de la prévention" : "il y a une complaisance qui se crée, qui risque de mettre en cause ces acquis". 

Grande inquiétude : le financement. "Il manque 7 milliards de dollars par an pour nous permettre de maintenir nos résultats." L’an dernier, 20,6 milliards d’euros étaient consacrés à des programmes de lutte contre le sida dans les pays à faible et moyen revenu. Mais sous l’administration Trump, les Etats-Unis, historiquement contributeur majeur de la lutte contre le sida, ont prévu des coupes budgétaires. "La crainte est que la diminution des contributions des bailleurs internationaux n’entraîne une diminution des investissements internes des pays touchés", selon Michel Sidibé. Or, "au moins 44 pays dépendent à 75 % de l’aide internationale pour combattre l’épidémie. Si l’on ne dispose pas de ces ressources, il y a un risque important de rebond de l’épidémie, avec un risque de résistance grandissante et d’augmentation de la mortalité due au sida", a-t-il prévenu. Et les résultats globaux dévoilés mercredi cachent des disparités. En Afrique de l’Ouest et centrale notamment, seuls 40 % des porteurs du virus ont accès aux traitements.