Sciences - Santé

Non, la grippe n'a toujours pas frappé à nos portes. S'il y a bien des viroses saisonnières qui circulent, comme classiquement en cette période, la maladie qui entraîne complications, hospitalisations et décès n'a pas encore débarqué dans l'hémisphère nord, comme nous l'a assuré le Dr Vincent Momin, médecin généraliste et membre de la Commission "Vaccinations" de l'Institut de médecine préventive de la Société scientifique de médecine générale, à l'occasion du lancement de la campagne annuelle de sensibilisation à la vaccination, coordonnée par l'ASBL Question santé. " Il faut à tout prix cesser de faire l'amalgame entre toutes ces infections virales "banales", en principe sans grosses complications, et la grippe, avec tous ses symptômes et complications non négligeables, qui devraient débarquer vraisemblablement aux mois de janvier et février ", a insisté le généraliste.

Quant à la fameuse menace de pandémie grippale, " s'il existe clairement un risque potentiel, un plan d'action, réévalué chaque année, a été mis sur pied par l'Organisation mondiale de la santé, de même qu'un vaccin prépandémique a été validé au niveau international et un vaccin pandémique, beaucoup plus ciblé, élaboré en cas de pandémie. Aujourd'hui, tout le monde est dans l'expectative et personne n'est capable de dire quand il va y avoir une pandémie. Cela dit, si le virus H5N1 a fait quelque 300 morts entre 2006 et 2008 dans le monde, n'oublions pas que la grippe saisonnière tue chaque année de 1 000 à 1 500 personnes rien qu'en Belgique !".

Pour l'heure, il conviendrait donc davantage de se méfier du virus saisonnier, d'autant que, d'après les principales souches en circulation à partir desquelles est fabriqué le vaccin, la virulence pourrait être particulièrement redoutable cette saison. " Les souches de Brisbane reprises dans le vaccin de cette année pourraient, en effet, s'avérer très virulentes, nous confirme le D r Momin, au vu des quelque 800 morts, essentiellement suite à des complications de type pneumo-viral, déjà décrits pour l'épidémie qui a sévi en Australie. Au cas où cette souche virale débarquerait chez nous, il est clair qu'il faut se faire vacciner."

Si le vaccin ne confère pas une protection totale, il s'avérera d'autant plus efficace qu'il y a une concordance entre les souches et que le système immunitaire du patient est valide.

Certains groupes sont considérés comme prioritaires pour la vaccination. Il s'agit des personnes à risque de complications, à savoir toute personne de plus de 65 ans, les personnes institutionnalisées, tout patient à partir de l'âge de 6 mois avec une affection chronique sous-jacente, les enfants de 6 mois à 18 ans sous thérapie à l'aspirine au long cours; mais aussi le personnel du secteur de la santé en contact direct avec toutes les personnes précitées. " Il faut absolument augmenter la couverture vaccinale, aujourd'hui de l'ordre de 37 pc toutes études confondues, auprès du personnel soignant , insiste encore le D r Momin, alors qu'au-delà de 65 ans, de 60 à 70 pc des personnes sont vaccinées."

Il convient également de préciser que le vaccin, constitué de morceaux de virus tués - et non atténués -, ne peut en aucun cas induire la grippe. Tout au plus peut-on avoir une réaction passagère au site d'injection .