Sciences - Santé Des répercussions diverses sur la santé, selon les cas.

La suppression du changement d’heure est-elle - ou pas forcément - une bonne chose pour la santé ? Une heure de sommeil “en plus” ou “en moins”, qu’est-ce que cela change, finalement? Beaucoup, pour certains, car cela va bien au-delà de 60 minutes.

Si, pour la majorité, l’inconfort pour se remettre dans le rythme ne dure guère plus de quelques jours, voire deux semaines au maximum, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

Parmi ceux qui subissent davantage d’inconvénients, il y a très certainement les personnes - nombreuses, environ 30 % de la poulation - sujettes aux troubles du sommeil ou insomniaques. Mais aussi les personnes âgées et les enfants, qui ont besoin de plus de repères temporels. Sont également plus sensibles aux changements d’heure, les adolescents chez qui la puberté induit un retard de phase physiologique et donc un endormissement tardif. Raison pour laquelle, ils auront plus de mal à s’adapter au passage à l’heure d’été. Et, de manière générale, toutes les personnes ayant une horloge biologique “rigidifiée” en pâtisent davantage.

Resynchroniser l’horloge interne

Pour tous ceux-là, le temps d’adaptation à ces dérèglements de l’horloge interne, qui contrôle nos différents rythmes biologiques, va s’avèrer plus long, leur faculté à resynchroniser l’horloge interne étant moindre. C’est que ces rythmes correspondent aux variations périodiques d’une fonction physiologique. Que ce soit la pression artérielle, le rythme cardiaque, la température corporelle, les cycles veille-sommeil ou même l’humeur et l’attention, tous ces paramètres varient au cours de la journée. Et donc, on comprend aisément que perturber l’horloge biologique peut avoir des répercussions diverses sur l’organisme. Comme une fatigue accrue en journée, des troubles de l’humeur, de la concentration, de l’appétit...

Preuve que cette mesure qui perturbe notre rythme biologique n’est pas anodine, un sondage Sofres a noté une augmentation de 19 % de la consommation de médicaments, notamment de psychotropes, lors des passages d’heure. Autre élément qui n’est certes pas favorable pour l’organisme.

Pire que le jet lag?

Certains scientifiques ont même été jusqu’à dire que le changement d’heure était plus nocif que le jet lag, dans la mesure où lors d’un voyage on peut adapter ses activités, ce qui n’est pas forcément le cas dans les jours qui suivent le changement d’heure. Lequel s’avère encore plus difficile à gérer lorsqu’il s’agit de passer à l’heure d’été où, en plus de la perturbation du rythme, il y a la perte d’une heure de sommeil. Avec, ici encore, pour conséquences possibles, des problèmes d’attention, de somnolence ou de nervosité. Et donc, indirectement, un risque accru d’accidents de la route ou du travail.

La perte supplémentaire d’une heure de sommeil au passage à l’heure d’été aggraverait ponctuellement les effets du manque chronique de sommeil sur notre santé, selon les spécialistes.

Tout cela plaiderait-il pour l’abolition du changement d’heure?