Sciences - Santé

L'astro-physicien belge a reçu ce lundi le prestigieux Prix Balzan, le deuxième prix le plus important après le Prix Nobel, pour son travail sur "les planètes du système solaire et les exoplanètes".

Ce n’est pas tous les jours qu’un scientifique belge se retrouve à la table d’une conférence de presse à la Nasa, retransmise en direct dans le monde entier ! Mais c’est bien à cette place que trônait le Liégeois Michaël Gillon, en février à Washington. A sa connaissance, comme il nous l’avait confié auparavant, il est même le premier "Liégeois, Wallon et même Belge" à présenter le résultat de ses recherches de cette manière au siège de la Nasa. 

Ici, il s’agissait de rendre publique la première découverte d’un système de 7 planètes semblables à la Terre, orbitant autour d’une petite étoile à 40 années-lumière de nous et susceptibles de réunir toutes les caractéristiques pour accueillir la vie. Un système que Michaël Gillon décrit comme "un trésor de planètes". La découverte est publiée dans la revue scientifique "Nature" et Michaël Gillon en est l’auteur principal. Astronome à l’Université de Liège, il est passionné par les exoplanètes et la recherche de la vie extraterrestre. 

Son parcours est plutôt atypique, puisqu’il a commencé ses études à 24 ans après avoir passé 7 années… à l’armée. A 17 ans, il ne se sentait pas motivé pour faire des études, explique-t-il à présent… Il s’est bien rattrapé depuis ! En 5 ans, il termine une licence en biochimie ainsi qu’un premier cycle en physique. Il choisit même de poursuivre avec un doctorat. 

Il a l’embarras du choix pour le thème : génétique ? Biochimie ? Astrophysique ? Il choisit cette dernière, et c’est en traitant les observations du satellite Corot, qu’il se découvre cette passion pour les planètes situées hors du système solaire. Ce qui lui a permis la découverte présentée à la Nasa, c’est son projet "Speculoos" dont l’idée est de cibler l’étude d’un type d’étoile en particulier pour détecter des systèmes planétaires susceptibles de porter de l’eau liquide (et donc la vie) et proches de nous. 

Il a pu profiter durant trois semaines d’un télescope de la Nasa pour les observer, ce que l’agence spatiale américaine, reine de la communication, ne pouvait pas manquer de mettre en évidence ! Pour Michaël Gillon, ces quelques minutes à la NASA sont une consécration. "Cela montre que mon concept méritait tous les efforts que je lui ai consacrés durant ces six dernières années. Même chose pour mon équipe qui, elle aussi, a travaillé sans compter pour rendre cela possible !"