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Si elle figurait dans le groupe des femmes considérées comme à haut risque de développer un cancer du sein, près d'une femme sur quatre serait prête à subir une ablation chirurgicale des deux seins, avant même d'avoir reçu le diagnostic. Une femme sur quatre candidate à une chirurgie préventive, selon une enquête réalisée en Belgique en avril 2005, c'est dire si le cancer du sein, qui touche aujourd'hui environ une femme sur dix, est redouté.

S'il est exact que l'on en diagnostique de plus en plus, la maladie s'avère cependant de moins en moins meurtrière. Le taux de mortalité diminue, en effet, de 2,3 pc par an, depuis le début des années 90. Ainsi, d'après les données les plus récentes, 88 pc des femmes atteintes d'un cancer du sein sont toujours en vie cinq ans après la date du diagnostic, tandis que le taux de survie après dix ans s'élève à 80 pc. Et lorsque le cancer est diagnostiqué à un stade précoce, les taux de survie à cinq ans dépassent les 97 pc, d'après les statistiques de l'American Cancer Society.

Systématiser le dépistage

Pour expliquer cette progression des chances de guérison, on peut avancer plusieurs facteurs. «Il y a d'abord la systématisation du dépistage qui a permis de découvrir un grand nombre de petits cancers localisés qui sinon auraient mis beaucoup plus longtemps à être manifestes, explique le DrDidier Vander Steichel, directeur scientifique de la Fondation contre le cancer, à l'occasion d'Action sein 2006 organisée en collaboration avec Europa Donna Belgium en ce mois d'octobre, traditionnellement dédié à la lutte contre le cancer du sein dans le monde. Ces taux reflètent, en outre, l'efficacité des traitements, poursuit le médecin, soulignant le fait que détection plus précoce de la maladie, découverte de nouveaux médicaments, meilleure utilisation des traitements disponibles et prise en charge de plus en plus individualisée portent leurs fruits».

Les progrès réalisés au niveau du dépistage méritent effectivement d'être soulignés. Alors que seulement 38 pc des femmes âgées de 50 à 69 ans ont réalisé une mammographie en 1999-2000, d'après l'agence intermutualiste, elles étaient 56 pc dans ce cas en 2003-2004, ce qui demeure néanmoins insuffisant. Lancé en 2001, un programme de dépistage permet à ce groupe cible d'effectuer gratuitement un mammotest tous les deux ans.

Qualité de vie améliorée

L'évolution positive se marque également au niveau des traitements. «Il y a trente ans, la chirurgie était mutilante, rappelle encore le DrVander Steichel, aujourd'hui, une majorité d'interventions respecte le sein, les cicatrices se font plus discrètes et les tumorectomies moins volumineuses. Par ailleurs, la technique du «ganglion sentinelle» permet à de nombreuses femmes d'éviter une chirurgie étendue au niveau du creux axillaire.»

Développée depuis le début des années 1990, cette technique beaucoup moins traumatisante consiste à repérer les premiers ganglions de la chaîne axillaire, en l'occurrence ceux qui seront les premiers à être envahis par les cellules malignes, et de les enlever afin de les examiner. Ce n'est que s'ils sont atteints qu'un véritable curage ne sera effectué.

Egalement plus respectueuse de la qualité de vie, la chimiothérapie actuelle offre un meilleur contrôle des effets secondaires.

Enfin, «l'accompagnement psychologique de la malade et de son conjoint ont pris une importance croissante au fil du temps», souligne encore le directeur scientifique de la Fondation contre le cancer. L'amélioration de la qualité de vie est précisément au centre des préoccupations d'Action sein 2006 qui met notamment l'accent sur les progrès réalisés au niveau de la préservation de la fertilité .

© La Libre Belgique 2006