Sciences - Santé

A 19 ans Narindra ne pèse que 44 kg pour 1 m 80. S’il perd encore dix kilos il mourra, et malgré son état il vient de parcourir plus de cent kilomètres à travers la brousse pour rejoindre la capitale malgache Antananarivo.

Comme beaucoup de ses congénères, le jeune homme est diabétique, son taux de sucre dans le sang atteint 1,9 g/l alors qu’il n’a strictement rien avalé de la journée et qu’un taux "normal" à jeun est compris entre 0,7 et 1,1 g/l. "Il aurait dû venir plus tôt mais il ignorait probablement tout de sa maladie", regrette le docteur Haja Ramamonjisoa, directeur des opérations de l’association malgache contre le diabète Amadia qui possède deux centres à Antananarivo et onze dans le reste du pays où ils sont soutenus en partie par l’ONG belge Louvain Coopération.

"Sur l’île, le diabète se transmet essentiellement de manière héréditaire , poursuit le médecin . Aux Etats-Unis, où les gens pèsent 180 kg, c’est surtout la mauvaise alimentation qui provoque l’apparition de la maladie, mais ici, le problème est différent. Madagascar compte 18 ethnies, chacune de ces ethnies comporte 3 castes et ces castes se mélangent peu pour des raisons culturelles et à cause de l’enclavement des villages. Résultat : les générations se reproduisent avec un taux élevé de consanguinité, et le diabète - héréditaire - se propage à une vitesse accrue."

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