Sciences - Santé

Action 1 : remboursement des consultations d’aide au sevrage tabagique. Action 2 : dépistage et accompagnement des personnes à risque de prédisposition génétique au cancer. Action 13 : traitement de tumeurs rares. Action 32 : création d’un centre du cancer. Une par une, chacune des 32 actions - subdivisées en 61 mesures - du Plan cancer 2008-2010 a fait l’objet d’une première évaluation dans un rapport étayé (de 172 pages), qui a été présenté et analysé, lundi, dans le cadre d’un symposium à Bruxelles. L’occasion de voir dans quelle mesure des objectifs avaient déjà été atteints. Sur les 61 mesures initiales, auxquelles 13 ont été ajoutées depuis lors, 44 (60 %) ont été mises en œuvre et 30 (40 %) sont en cours d’exécution ou en préparation. S’il est impossible d’énumérer ici l’ensemble des actions, pointons quelques chiffres et faits marquants.

- Remboursement des consultations d’aide au sevrage tabagique : pour la période octobre 2009 - juin 2011, moins de 1 % des fumeurs ont eu recours à cette mesure.

- Amélioration du dépistage et du diagnostic précoce du cancer du sein : le taux de participation au programme de dépistage organisé s’établit à près de 49 % pour la Flandre, près de 11 % pour la Région de Bruxelles-Capitale et près de 10 % pour la Wallonie, alors que le taux imposé par la directive européenne est de 70 % !

- Programme systématique de dépistage du cancer du col de l’utérus : la Communauté flamande lancera début 2013 un dépistage organisé. Les femmes âgées de 25 à 64 ans seront soumises à un frottis tous les trois ans. Actuellement, l’assurance-maladie obligatoire rembourse un frottis tous les deux ans. Dans le groupe cible des 25-64 ans, le taux de couverture est insuffisant.

- Consultation de prévention des risques de santé : cette action comprend deux mesures, un check-up gratuit de prévention des risques de santé chez le généraliste pour les personnes âgées de 45 à 75 ans titulaires d’un dossier médical global et la formation de médecins en matière de prévention des risques de santé. Neuf mois après l’introduction de la mesure, on atteignait à peine 9,5 % de cette population cible.

- Soutien spécifique au moment de l’annonce du diagnostic du cancer au patient : depuis 2010, on peut prévoir une consultation de longue durée pour expliquer au patient le diagnostic et le plan de traitement proposé. D’après l’évaluation, le recours à cette consultation reste malheureusement rare chez les spécialistes et guère plus répandu chez les généralistes.

S’il est sans doute encore un peu tôt pour évaluer certaines mesures, pourtant pleines de bonnes intentions, ces quelques illustrations, en matière de prévention notamment, démontrent qu’il reste encore du chemin à faire, alors qu’il y a aussi des raisons de satisfaction. Ainsi, le Plan a-t-il permis le financement de 163 diététiciens au sein de différents services oncologiques du pays, le passage à 319 psychologues au lieu des 215 initialement financés, et la formation de tabacologues. La prise en charge des frais de déplacement des patients, la facilitation des procédures administratives, l’accès plus rapide aux médicaments innovants ou encore le retour au travail à temps partiel sont autant d’avancées significatives pour les patients et leur entourage.

Autre raison de se réjouir, "l’accord de gouvernement précise clairement que la continuité du Plan cancer est assurée, a fait savoir Laurette Onkelinx. Trois pistes ont déjà été identifiées comme prioritaires en 2013-2014 : améliorer la capacité de test des banques de cellules souches, mieux accompagner le retour des patients à la vie active et assurer une transition plus aisée des soins dispensés à l’hôpital vers les soins à domicile".