Sciences - Santé

Trois astrophysiciens américains, Rainer Weiss, Barry Barish et Kip Thorne, ont été récompensés mardi par le prix Nobel de physique pour l'observation des ondes gravitationnelles, ouvrant une nouvelle fenêtre sur la connaissance de l'univers.

Le jury Nobel a primé "leurs contributions décisives [à la conception du] détecteur LIGO et à l'observation des ondes gravitationnelles", avancée capitale de la recherche qui confirme une prédiction d'Albert Einstein dans sa théorie de la relativité générale.

Leur "découverte a bouleversé le monde", a souligné le secrétaire général de l'Académie des sciences, Göran Hansson.

Un siècle après la prédiction d'Einstein, ces physiciens ont fait faire un pas de géant à l'astrophysique et levé un pan de voile sur les mystères du cosmos.

"Nous savions que des ondes gravitationnelles existaient [mais] c'est la première fois qu'elles ont été observées directement", s'est réjouie Olga Botner, membre du comité de physique Nobel lors d'une conférence de presse.

Au moyen de l'instrument américain LIGO (Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory), que les scientifiques primés ont créé et qui est formé de deux détecteurs identiques en Louisiane et dans l'Etat de Washington, les ondes gravitationnelles ont été directement observées pour la première fois en septembre 2015. L'annonce en avait été faite le 11 février 2016.

En septembre 2017, un autre instrument, le détecteur européen Virgo a enregistré à son tour pour la première fois des ondes gravitationnelles.

Le prix de physique est traditionnellement le second des Nobel annoncés chaque année.

Le prix Nobel de médecine a été attribué lundi à trois généticiens américains dont l'étude de l'horloge biologique éclaire l'adaptation du corps au cycle du jour et de la nuit, les troubles du sommeil et leurs effets sur la santé.

Suivront la chimie mercredi, la littérature jeudi, la paix vendredi et le prix d'économie le 9 octobre.

Cette année, chaque prix est doté de neuf millions de couronnes suédoises (environ 940.000 euros). Rainer Weiss en obtient la moitié et Barry Barish et Kip Thorne l'autre moitié.


Et la suite...

Mercredi, ce sera au tour de la chimie. Le quotidien imagine un jury de chimie qui consacrerait la méthode de manipulation génétique CRISPR/Cas9 ou "ciseaux moléculaires" mise au point par le duo féminin franco-américain, Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna ou le favori des internautes John Goodenough, électrochimiste américain de 95 ans à qui l'on doit les batteries et piles au lithium. Si le CRISPR était récompensé, le prix pourrait également aller à l'Américain Feng Zhang qu'une bataille de brevets autour de cette technologie oppose aux deux chercheuses.

Pour SR, la découverte de nouveaux matériaux pourrait être plébiscitée.

Nucléaire ou Casques blancs syriens?

La question nucléaire domine dans les pronostics du Nobel de la paix, le seul décérné à Oslo, sur fond d'escalade entre Washington et Pyongyang après le sixième essai nord-coréen mais aussi d'incertitudes sur l'accord iranien, que le président américain Donald Trump a menacé de "déchirer".

Le suspense prendra fin vendredi. En attendant, deux acteurs-clés de cet accord, les chefs des diplomaties européenne Federica Mogherini et iranienne Mohammad Javad Zarif, ont les faveurs du directeur de l'Institut de recherche pour la paix d'Oslo (Prio), Henrik Urdal.

"Avec la Corée du Nord également en jeu, il est très important de soutenir les initiatives qui prémunissent contre le développement et la prolifération des armes nucléaires", souligne-t-il.

L'identité des candidats est tenue secrète pendant au moins 50 ans, mais leurs parrains -- parlementaires et ministres de tous les pays, anciens lauréats, certains professeurs d'université... -- peuvent choisir de révéler le nom de leur champion.

Sont ainsi en lice les "Casques blancs" syriens, le médecin congolais Denis Mukwege, le blogueur saoudien emprisonné Raef Badaoui et l'Américain Edward Snowden, qui a révélé l'ampleur de la surveillance électronique par la NSA.

Pour le Nobel de littérature, là aussi la liste est aussi longue qu'incertaine.

La consécration de Bob Dylan avait fait couler tellement d'encre que les 18 académiciens devraient miser cette année sur un choix plus orthodoxe comme l'Italien Claudio Magris, le Kenyan Ngugi wa Thiong'o, la Canadienne Margaret Atwood ou le Franco-Libanais d'origine syrienne Adonis.

Le petit dernier des prix Nobel, celui d'économie, sera décerné le 9 octobre.

Il a été créé en 1968 par la Banque de Suède, à l'occasion de son tricentenaire, "en hommage à Alfred Nobel".

Cette année, chaque prix est doté de neuf millions de couronnes suédoises (environ 940.000 euros) que se partagent les lauréats s'ils sont plusieurs.