Sciences - Santé

Peut-on mesurer l'impact biologique subi par les victimes de discriminations raciales? Cette étude américaine (parue dans l'American Journal of Preventive Medicine) ne revendique pas une réponse stricte et définitive, mais se permet de lancer le débat. Les chercheurs de l'université du Maryland ont constaté, qu'aux Etats-Unis, les hommes d'origine africaine doivent faire face à davantage de maladies graves qui raccourcissent leur espérance de vie (69,7 ans pour les hommes noirs contre 75,7 ans pour les blancs). Si cette grosse différence est habituellement attribuée aux conditions sociales, les investigations se penchent désormais sur le stress que les actes racistes peuvent engendrer.

Sur un échantillon de 92 hommes afro-américains en bonne santé et issus de différents milieux socio-économiques, "les scientifiques ont constaté des signes de vieillissement accélérés chez les personnes qui ont avoué être victimes de discrimination raciale à des niveaux élevés et qui avaient intériorisé ces attitudes anti-noirs ". A l'inverse, ceux qui perçoivent leur groupe ethnique de manière positive pourraient ne pas être affectés par les effets négatifs de stress liés au racisme. Pour obtenir leurs conclusions, les chercheurs se sont basés sur la technique des télomères. Ces séquences d'ADN se situent à l'extrémité des chromosomes, une sorte de protection pour signaler qu'on est au bout et éviter de perdre des informations génétiques essentielles lors de la duplication de ceux-ci. Leur usure est d'ailleurs remarquée lors de problèmes de santé tels que les maladies cardiovasculaires, l'arthrose ou encore la maladie d'Alzheimer.

Les conclusions de cette étude restent au conditionnel, les chercheurs prônant la prudence. L'expérience devrait, selon eux, être renouvelée sur un échantillon plus important. A leurs yeux, ce travail fait figure de point de départ.