Sciences - Santé Tous les soirs à 18h30 a lieu une séance de méditation ouverte à tout un chacun au Centre d’études tibétaines de Saint-Gilles. Il faut sonner pour entrer. L’ambiance est calme et détendue. Les gens sont un peu timides au premier abord. Mais il règne un parfum de sérénité et on se rend compte que les gens qui fréquentent ce centre ont un certain humour et beaucoup de recul sur eux-mêmes. Lalibre.be a rencontré Patrice, 36 ans, il pratique le bouddhisme depuis sept ans dans ce temple.

- Que venez-vous faire ici ?

On vient, on s’assied, c’est le silence total et on médite. On essaie de faire le calme, le vide, mais justement c’est à ce moment-là que les problèmes et les tensions apparaissent dans notre esprit. On apprend à les gérer, les canaliser. Et encore, pendant la séance on est détendu mais dès qu’on sort du centre, à l’extérieur les problèmes sont pires.

- Pourquoi la méditation se fait-elle en groupe ?

Ce sont des sessions de groupe car c’est plus facile que quand on est tout seul. On voit qu’il y en a d’autres qui font la même chose que nous donc c’est motivant. On n’abandonne pas, on persévère.

- A quoi servent ces séances ?

En fait ici on apprend qu’on a des problèmes. On vient ici pour se rendre compte qu’on a des problèmes. Avant de venir ici on ne le savait pas mais maintenant au moins on s’en rend compte. C’est le point de départ.

- Cela dure combien de temps ?

Cela peut durer une heure mais moi je sors après 30 minutes.

- Diriez-vous que votre pratique a imprégné vos actes dans la vie de tous les jours ?

- Oui tout à fait je sais que j’ai des problèmes et donc j’utilise dans la vie de tous les jours ce que j’apprends sur moi dans les méditations. J’apprends à écouter ce qui se passe en moi. Je le prends avec sérénité et je développe les qualités du bouddhiste dans la vie de tous les jours.

- Quelles sont les qualités du bouddhiste ?

La patience. Il faut être patient car dans la vie on n’a pas toujours ce que l’on veut tout de suite. Avec internet les jeunes ont tout ce qu’ils veulent en un seul clic. Et dans la vie de tous les jours, ils éprouvent une insatisfaction dès que les choses ne se passent pas comme ils le voudraient. Pourtant, avec un peu plus de patience ils verraient qu’une situation qui se présente comme mauvaise peut très bien se retourner à leur avantage.

La compassion. On essaie d’écouter l’autre et de comprendre ce qu’il veut. Les gens ont souvent tendance à tout vouloir prendre sans rien donner. Or, comme le dit le Dalaï Lama, rien que l’action de donner quelque chose vous rend heureux. A condition de ne rien vouloir en retour. Car les gens à qui vous donnez ne sont pas toujours capables de vous le rendre.

- Que pensez-vous du matérialisme ?

Moi aussi je suis matérialiste, j’ai besoin d’objets pour vivre comme tout le monde. J’ai aussi une tablette numérique par exemple. Mais cette tablette à elle seule ne va pas faire mon bonheur. Mon bonheur dépend de ce que j’en fais. Si je lis des livres avec, j’augmenterai mon savoir ou alors je prendrai du plaisir. Si c’est juste pour avoir la tablette dans son étagère, cela ne sert à rien.

- Pourquoi la spiritualité est-elle importante pour vous ?

Cela dépend ce qu’on appelle la spiritualité. Ce qui m’intéresse dans le bouddhisme c’est que je peux mieux gérer mes émotions. Plutôt que de me laisser emporter par elles et faire des choses que je pourrais regretter plus tard. Je connais aussi le sens de la vie. Je sais ce qui peut me rendre heureux et ce qui me rendra malheureux. J’aurais pu aller voir un psy aussi mais je préfère les séances de groupe c’est plus stimulant. Et la pratique de la méditation permet de vraiment apprendre à gérer ses problèmes.