Sciences - Santé
Perturbateurs endocriniens, bisphénol A, substances toxiques dans les couches pour bébés, glyphosate… les scandales sanitaires liés aux substances chimiques présentes dans l’alimentation et les produits de consommation courante (jouets, meubles, équipements électroniques, vêtements…) se succèdent. Un rapport de l’association britannique Chem Trust publié ce mardi jette un nouveau pavé dans la mare : l’exposition à ces produits peut porter atteinte au développement cérébral de l’enfant. Pour Barbara Demeneix, professeure et chercheuse au Museum d’histoire naturelle de Paris, auteure du "Cerveau endommagé" (Odile Jacob), il est temps d’agir.

Est-ce l’exposition répétée qui est nocive pour le cerveau des enfants ?

Nous sommes tous exposés de manière quotidienne à des centaines de produits mais ce sont les enfants et les femmes enceintes qui sont les plus vulnérables. C’est le mélange des substances qui est très préoccupant car la concentration des produits est faible. L’exposition continuelle à ces mélanges de substances affecte le cerveau.

Quels types de problème peut-on observer ?

Des troubles de l’attention, des désordres de type autistique mais aussi une baisse du QI de l’enfant. Il est démontré que les femmes enceintes très exposées aux produits perturbant l’hormone thyroïdienne ont des enfants au QI plus bas. Cela affecte la structure du cerveau et l’intelligence.

Faut-il, comme le préconise Chem Trust, interdire des groupes de produits chimiques plutôt que les étudier au cas par cas ?

Le volume des substances produites par l’industrie chimique a augmenté de 300 fois depuis 1970. Il faut mieux définir les critères, connaître les substances et leurs propriétés. Il est préférable de retirer certaines catégories de produits chimiques du marché car il y a des problèmes de "substitution regrettable". Un bon exemple est le bisphénol A, remplacé par le bisphénol S ou F, finalement aussi néfastes. Si on avait écarté la catégorie entière, la réglementation aurait été plus efficace.