Sciences - Santé Pour des patients jeunes, dont la fertilité risque d'être altérée en raison des traitements lourds qui leur sont administrés, voyant leur désir d'enfant réduit à néant, voici une très bonne nouvelle. Dorénavant, l'oncofreezing sera intégralement remboursé aux patients atteints de cancer et étendu à de nouveaux groupes de malades.

Cette technique consiste à prélever chez le patient les éléments génétiques nécessaires à la reproduction - ovules, spermatozoïdes, tissus ovariens ou tissus testiculaires - puis les congeler afin de les conserver pour pouvoir les utiliser dans l’avenir.

«Être diagnostiqué d’un cancer est une épreuve très lourde à surmonter, a fait savoir par voie de communiqué la ministre de la Santé, Maggie De Block. Si, en plus, les patients se voient ôtés de leur désir d’avoir des enfants, c’est un double cauchemar. Nous voulons leur éviter ce poids supplémentaire en remboursant l’oncofreezing. Le patient doit pouvoir se concentrer à 100 % sur sa guérison. S’il souhaite poursuivre son rêve d’enfant après le traitement, ce sera désormais faisable.»

C'est que ce procédé demeure fort coûteux : soit 1300 euros pour l’oncofreezing de sperme, tissu testiculaire ou ovarien et jusqu'à 3400 euros pour la congélation d’ovules.

Un remboursement étendu

Pour rappel, l'an dernier, la ministre De Block avait décidé de rembourser intégralement les prestations d'oncofreezing pour deux groupes de malades : les patients atteints d’un cancer qui sont sur le point de subir un traitement lourd et les femmes qui souhaitent se faire prélever les ovaires par mesure de précaution, par exemple en cas de risque élevé de cancer du sein et/ou des ovaires.C'est ainsi qu'en 9 mois, entre la mi-avril 2017 et la mi-janvier 2018, 303 patients au total ont fait congeler leur matériel génétique destiné à la reproduction. Parmi ces 303 patients (209 hommes et 94 femmes) 30 d’entre eux ont moins de 16 ans.
" Il reste encore de la marge dans le budget annuel de 4 millions d’euros libéré à cet effet par la ministre De Block, indique le cabinet. Les centres concernés se concentreront sur l'information des patients et des prestataires de soins de santé afin qu'ils puissent trouver plus facilement leur chemin vers l’oncofreezing".

Aujourd'hui, à côté de cela, la ministre a fait part de sa volonté d'étendre le remboursement à d’autres groupes de patients. En l'occurrence, dans un premier temps, aux femmes atteintes d’une tumeur ovarienne dite «borderline» (NdlR : lésions qui comportent certaines anomalies, en particulier microscopiques, communes avec les cancers mais qui ne sont pas des cancers au sens strict du terme) et aux patients qui doivent subir une transplantation de cellules souches sanguines suite à une maladie sanguine rare non-oncologique.

En Belgique, sur les 18 centres de médecine reproductive proposant l’oncofreezing, 17 ont signé la convention conclue avec l’INAMI. Cela veut dire que les patients peuvent se rendre dans ces centres-là pour faire congeler gratuitement leur matériel génétique de reproduction. Sur ces 17 centres conventionnés, 8 accueillent également les patients de moins de 16 ans.