Sciences - Santé

Alors qu'elle allaite avec certaines difficultés son bébé de trois mois, Marianne ressent un petit nodule au sein. Sans antécédent familial de cancer du sein, la jeune maman, alors âgée de 33 ans, est à mille lieues d'imaginer le diagnostic qui va être posé.

«Quand on a retiré ma petite tumeur, qui faisait à peu près 1 cm de diamètre, tout le monde pensait que ce serait bénin, nous confie-t-elle, à la biopsie, elle s'est avérée cancéreuse. Après l'intervention, j'ai suivi une radiothérapie, une chimiothérapie et un traitement hormonal.»

La tumeur s'étant révélée hormono-dépendante, le gynécologue de cette jeune infirmière travaillant en salle de réveil aux Cliniques universitaires Saint-Luc, met sa patiente en ménopause pendant deux ans.

Mais le désir de famille nombreuse du couple l'emporte.

«Après deux ans, j'ai reçu le feu vert de mon oncologue pour mettre en route un deuxième enfant. J'avais pleine confiance en mon médecin qui m'a dit que, d'après les études les plus récentes, une grossesse n'augmentait pas les risques de récidive. Contrairement à mes parents, je n'ai pas eu peur au cours de ma grossesse. Jamais je n'ai pensé à une éventuelle rechute.»

En 1996 naît un second petit garçon.

Mais en 2000, c'est la rechute, avec mammectomie totale.

Si cette récidive est liée à la grossesse? «A vrai dire, je ne sais pas trop quoi en penser, nous répond Marianne, en tout cas, je n'en ai jamais voulu aux médecins et je ne regrette rien. Je n'ai jamais remis en cause cette deuxième grossesse, même si le traitement suite à ce deuxième cancer fut très lourd et si cette seconde épreuve fut particulièrement pénible pour mon mari. Notre désir d'enfants était plus fort.»

Six ans après cette rechute, l'heureuse maman «vit bien». «J'ai 46 ans et tout va bien. J'ai un contrôle annuel. Je suis sans doute plus anxieuse dès qu'un petit souci de santé apparaît, mais je profite au maximum de la vie, sans doute plus que la plupart des gens, sachant qu'après une première rechute, je ne suis pas à l'abri d'une seconde récidive.»

© La Libre Belgique 2006