Sciences - Santé

Alors qu’à l’époque de la crise de la dioxine, le Pr Nik Van Larebeke (UGent et VUB) annonçait déjà un surplus de cancers - de l’ordre de 9 000 cas liés à l’exposition, selon ses extrapolations -, le Pr Alfred Bernard, toxicologue à l’UCL, publiait, lui, dans la revue "Nature", un avis très différent.

Quelle était la conclusion de votre étude ?

Dans l’article publié dans la revue "Nature", nous expliquions qu’il était mathématiquement improbable que cet incident limité dans le temps puisse augmenter de façon significative la charge corporelle, c’est-à-dire l’accumulation de dioxines, dans la population belge. La quantité de dioxines (un gramme introduit dans la chaîne alimentaire) était trop limitée. Cette prédiction s’est révélée correcte puisqu’une étude épidémiologique menée par le ministère de la Santé publique n’a pas observé d’augmentation de la concentration en dioxines dans le sang d’un échantillon de la population à la suite de cet incident.

Comment aviez-vous pu affirmer cela ?

Par un calcul assez simple. Nous avions estimé qu’il fallait consommer 30 poulets hyper contaminés (d’ailleurs pour la plupart détruits) pour arriver à doubler sa charge corporelle en dioxines. Et même selon ce scénario extrême, cela entraînerait au pire des cas une surcharge en dioxines et PCB comparable à celle des gros consommateurs de poissons. Ou, éventuellement, si l’on n’est pas consommateur de poissons, on remontait en quelque sorte le temps pour retrouver les niveaux d’exposition d’une dizaine d’années auparavant. Le seul groupe qui aurait pu présenter ce scénario, ce sont les éleveurs de volailles et encore, s’ils consommaient leur production…

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