Sciences - Santé

En moyenne, le Belge aurait six ans de plus que son âge réel: c'est la conclusion qui ressort d'une étude menée en Belgique, auprès de 1000 travailleurs salariés âgés de 20 à 65 ans, par le bureau d'enquête indépendant 365Analytics, en collaboration avec le Pr Dr Lieven Annemans, professeur d'économie de la santé à l'université de Gand et spécialiste de la prévention en matière de santé.

Première du genre à fournir des chiffres représentatifs sur notre âge biologique, cette enquête, réalisée à la demande de l'assureur vie Delta Lloyd Life, révèle que plus d'un travailleur sur deux (57 %) est plus vieux - de 6,4 ans en moyenne - que son âge réel, alors que 16 % sont quand même nettement plus jeunes et 27 % se situent entre les deux.

Publiée et présentée ce mercredi, l'étude intitulée "En quête nationale de santé 2016", mesure l'impact du mode de vie des travailleurs salariés belges sur leur âge biologique. Elle les a également interrogé sur l'idée qu'ils se font d'une vie longue, saine et heureuse.

Comment calculer la différence entre l'âge biologique et l'âge réel?

L'âge biologique correspond à la somme de l'âge réel (déterminé sur base de la date de naissance) et du score de mode de vie. Celui-ci a été basé sur des méthodes internationales existantes. Exprimé en nombre d'années, le score de mode de vie peut être positif ou négatif. En résumé, moins on vit sainement, plus le score de vie sera élevé. Le score de mode de vie est obtenu en additionnant les effets de toute une série de variables en matière de mode de vie (alimentation saine (ou non), activité physique, hygiène de vie, consommation d'alcool, tabac, bien-être mental,…) et des données sociodémographiques.

Résultats de ce calcul:

57 % sont au moins 2 ans plus vieux que leur âge biologique (chez les plus de 35 ans, ce chiffre atteint même 73 %!);

27 % sont entre 2 ans plus vieux et 2 ans plus jeunes;

16 % sont au moins 2 ans plus jeunes que l'âge réel.

Les chiffres qui inquiètent

Les principaux éléments d'explication relèvent du mode de vie. En effet, de cette vaste étude, il ressort notamment que:

48 % des travailleurs salariés sont en surpoids (63 % des hommes de plus de 35 ans sont dans ce cas);

38 % ont un mode de vie sédentaire (45 % au-delà de 35 ans);

47 % sont régulièrement sou­mis au stress ou se sentent angoissés (70 % des répondants affirment que le stress a un impact négatif sur leur santé;

10 % prennent quo­tidiennement des antidépresseurs;

un tiers des travailleurs fument.



Quelques constats supplémentaires

45 % des travailleurs ont été suivis au cours des 12 derniers mois par un médecin ou un autre pres­tataire de soins de santé pour une maladie ou une affection grave;

21 % recon­naissent ne pas manger chaque jour des fruits et légumes frais;

39 % ne dorment pas suffisamment (chez les hommes de plus de 35 ans ce chiffre atteint même 49 %);

43 % - seulement - effectuent régulièrement un check-up de contrôle;

60 % des travailleurs ont encore suffisamment d’énergie pour être productifs en fin de journée;

43 % se plaignent régulièrement de douleurs dor­sales et cervicales au travail;

42 % ont faim entre les repas;

40 % ont le sentiment de ne jamais être prêts, ce qui génère du stress supplémentaire.


Jusqu'à quel âge aimeraient-ils vivre?

Malgré leur état de santé pas toujours optimal, les Belges interrogés espèrent vivre longtemps. Et ils ont une bonne espérance de vie!

68 % ont l'espoir d'atteindre l'âge de 85 ans. Ou plus…

Cela dit, lorsqu'ils sont en moins bonne santé, les travailleurs revoient leurs "prétentions" à la baisse. Les travail­leurs en moins bonne santé veulent vivre moins longtemps et sont plus malheureux que les travailleurs qui mènent une vie plus saine.


Sont-ils conscients que vivre sainement, c'est - en principe - vivre plus longtemps?

39 % - seulement - ont conscience qu'une vie saine doit en principe allonger l'espérance de vie;

21 % attribuent purement à la chance le fait de vivre longtemps;

43 % des sujets interrogés espèrent atteindre l'âge sans devoir changer leur mode de vie;

30 % des travailleurs biologiquement plus âgés pensent pou­voir atteindre l’âge de 85 ans sans changer leur mode de vie, contre 61 % parmi le groupe biologiquement plus jeune.


Qui porte la responsabilité de la santé du travailleur?

69 % des travailleurs estiment qu’il en va de leur propre responsabilité;

13 % estiment que c'est l'industrie alimentaire;

12 %, leurs parents;

4 %, les pouvoirs publics;

2 %, les médecins, pharmaciens, hôpitaux, kinés…;

2 % - seulement - des travailleurs désignent leur employeur comme étant le premier responsable de leur santé;

1 %, l'école.

Ont-ils peur de vieillir?

40 % des travailleurs appréhendent négativement le vieillissement.

Ceux qui ont une attitude positive vis-à-vis du vieillissement veulent vivre plus longtemps et y arriveront. Chez eux, l’âge biologique est même inférieur de 3,5 ans.

18 % souhaitent que l’espérance de vie continue à augmenter (de façon exponentielle) jusqu’à 150 ans ou l’immortalité...

Sont-ils heureux, de façon générale?

42 % des interrogés répondent par l’affirmative (score de 8 sur 10 ou plus.

Les commentaires du Pr Lieven Annemans, de l'Université de Gand

«L’enquête révèle que la grande majorité des travailleurs belges (57 %) sont plus vieux que leur âge réel. Chez les hommes de plus de 35 ans, ce chiffre atteint même 73 % 2. Et cela constitue un problème : si on vit en moyenne plus vieux, on risque en moyenne de vivre plus longtemps en étant malade.»

"Les résultats de cette enquête révèlent que les travailleurs belges ne réalisent pas que leur mauvais mode vie a un coût. Il est évident qu’avoir un mode de vie équilibré est important pour vieillir en bonne santé. Mais on ne peut pas l’imposer. Une combinaison de différents facteurs peut faire évoluer les comportements. Et il ne faut pas compter uniquement sur les pouvoirs publics et sur l’école. Dans notre environnement direct et au travail aussi, il faut changer les choses.»

Quel est le rôle de l'employeur?

"Dans un contexte où l’on passe le tiers de son temps au travail, l'employeur a un rôle important à jouer dans la prévention en matière de santé, tout autant que les pouvoirs publics et l’école, ’affirme Davine Dujardin, porte-parole de Delta Lloyd Life. On a tout intérêt à investir dans une politique de santé préventive : tant au niveau du bénéfice individuel, que du bénéfice sociétal et de la maîtrise du budget des soins de santé. Cela ne concerne donc pas que les pouvoirs publics et l’école. En tant qu’em­ployeur aussi, nous devons agir.

Les entreprises ont tout intérêt à avoir des travailleurs en bonne santé. Les entre­prises qui investissent dans une politique en faveur d’un mode de vie sain, créent non seulement un travail faisable mais aussi une société plus saine "

Si l'on s'en réfère à la première édition de cette enquête, réalisée l'an dernier, à la question ‘Quelle initiative recommanderez-vous demain à votre employeur en faveur de la santé au travail ?’,

45 % des travailleurs ont répondu une meilleure combinai­son entre travail et vie privée via un ‘horaire libre’ et plus d’autonomie;

33 %, des snacks-légumes sains;

29 %, un abonnement de fitness;

27 %, des espaces de travail agréables

7 %, des réunions debout en marchant…

Le top des initiatives en faveur de la santé au travail selon les entreprises présentes lors du débat qui s'est tenu mercredi matin, à l'initiative de Delta Lloyd Life:

FRUIT&SOUP@WORK : Fruits et soupe fraîche gratuits tous les jours au travail chez Toyota Belgique.

CYCLE@WORK : Intervention financière de l’UZ Gent pour les collaborateurs qui souhaitent acheter un vélo électrique.

BALANCE@WORK : Novartis Pharma mène une politique du personnel innovante : elle accorde à ses collaborateurs une grande flexibilité dans la composition de leur paquet salarial. Ceux-ci peuvent facilement et chaque année convertir une partie de leur paquet salarial dans d’autres conditions de travail. En même temps, l’entreprise réfléchit aussi à la façon de pérenniser la motivation des collaborateurs qui doivent continuer à travailler plus longtemps et qui se trouvent dans la troisième partie de leur carrière, notamment via l’initiative ‘Career Legacy’.

STOP SMOKING@WORK : Les membres du personnel de l’UZ Gent qui veulent arrêter de fumer bénéficient d’un accom­pagnement gratuit au sein de l’hôpital.

JOGGING@WORK : Tous les mardis, le directeur RH de Toyota Belgique va courir avec ses collaborateurs.

ENERGY@WORK : En collaboration avec EnergyLab, l’assu­reur vie Delta Lloyd Life a lui aussi développé les trois derni­ères années un programme sportif pour ses collaborateurs, avec l’objectif de parcourir 130.000 km. Toutes les activités physiques sont centralisées sur une plateforme digitale. Les collaborateurs peuvent enregistrer manuellement leurs kilomètres sur le site internet, ou via l’app mobile pratique.

HEALTHY WEEK@WORK : Une fois par an, Novartis Pharma organise une semaine de la santé pour ses collaborateurs, avec des massages, une journée veggie, un concours d’esca­liers, des séances de pilates, un check-up médical, …