Sciences - Santé

Voir fumer incite à fumer. Aussi simple et logique que ça, ce principe a guidé la campagne que lance ce lundi la Fondation contre le cancer. A trois jours de la Journée mondiale sans tabac, traditionnellement célébrée le 31 mai, le coup d'envoi de cette vaste opération d'engagement pour des "Générations sans tabac" a été donné. Objectif avoué et ambitieux : faire en sorte que chaque enfant né à partir de 2019 puisse naître et grandir dans un monde sans tabac et - plus encore - qu'aucun d'entre eux ne commence à fumer.

Aussi, pour protéger du tabagisme les adultes de demain, des dizaines d'organisations en appellent à toute la société pour créer des lieux sans tabac, et en priorité ceux qui accueillent de nombreux enfants et jeunes. Partant du principe précité selon lequel "voir fumer incite à fumer", ces organisations ont ratifié ce lundi matin une charte, via laquelle elles s'engagent à tout mettre en œuvre pour créer une génération sans tabac. 

Dans cette Charte de l'Alliance pour une société sans tabac, on peut lire "Notre objectif est d’unir nos forces pour contribuer à une Belgique sans tabac et améliorer la santé de la population.Notre approche s’appuie sur deux piliers qui se renforcent mutuellement :
1. Nous contribuons à réduire l’apparition de nouveaux fumeurs : d’une part, en permettant aux enfants de grandir sans tabac et, d’autre part, en protégeant les jeunes de la
tentation de commencer à fumer.
2. Nous participons à la réduction du nombre de fumeurs en les encourageant et en leur proposant une aide et un soutien efficace en vue d’arrêter de fumer. Dans ce cadre, nous accordons une attention particulière à la réduction des inégalités sociales de santé entre les personnes de niveau d’instruction supérieur et les moins scolarisées, dont le tabac est une des principales causes
".

© IPM Graphics

"Je préfère faire des bulles que de la fumée"

Cette campagne publique sera rehaussée, le 31 mai, de l'action ludique "Je préfère faire des bulles que de la fumée". Sous ce slogan, des actions seront organisées ce jour-là dans les écoles, mouvements de jeunesse, clubs de sport...comme faire des bulles de savon et poster aussitôt ces photos sur les réseaux sociaux avec le hashtag #generationssanstabac pour témoigner de son support à la campagne. Ce jour-là mais aussi tout au long de l'année et dans le futur.

Même les non-fumeurs adhèrent à l'idée

Chose qui ne semble pas inaccessible quand on sait qu'aujourd'hui, d'après une enquête réalisée par la Fondation contre le cancer, 95 % des Belges soutiennent le droit à grandir sans tabac, 85 % indiquent vouloir se mobiliser pour ce nouveau mouvement "Générations sans tabac" et 86 % estiment que le prochain accord de gouvernement doit prendre des mesures dans ce cadre.

"Les non-fumeurs ne sont pas les seuls à être très favorables aux environnements sans tabac, souligne la FCC. En effet, les fumeurs adhèrent eux aussi à l’idée de créer de nombreux environnements sans tabac".

Si, à l'origine, l'initiative émane de la Fondation contre le Cancer et de Kom op tegen Kanker, ceux-ci ont rapidement reçu le soutien de la Ligue Cardiologique Belge, le Fonds des affections respiratoires (FARES), le Service d’Étude et de Prévention du Tabagisme (SEPT), l’Observatoire de la Santé du Hainaut, la Gezinsbond, le Vlaams Instituut Gezond Leven, l’Association flamande pour les soins de santé respiratoires et la défense contre la tuberculose (VRGT). Entre-temps, des dizaines d’organisations de santé et associations médicales se sont elles aussi associées à l’initiative.

Et déjà, le mouvement est lancé

Six communes ont déjà pris l’initiative et transformeront sous peu leurs plaines de jeux et leurs terrains de sport en espaces sans tabac. Quatre fermes pour enfants en ont fait de même sur leurs sites. Trois hôpitaux sont également pionniers. Pour inciter celles et ceux qui sont désireux de suivre le mouvement, le site de la campagne (www.generationssanstabac.be) propose des conseils, des astuces et du matériel de communication pour aider d’autres acteurs de la société à suivre ces bons exemples.

"Si ce mouvement prend de l’ampleur, une vie sans tabac sera la norme pour la prochaine génération, estime la Fondation contre le cancer. De cette manière, les jeunes seront plus résistants à l’attrait du tabac et ne commenceront pas à fumer . 'Générations sans Tabac' entend encourager les responsables, entre autres, de communes, de clubs de sport et de mouvements de jeunesse à transformer leurs sites en environnements sans tabac, proposant ainsi d’aller plus loin que ce que prescrit le législateur aujourd’hui. Si des zones fumeurs sont encore autorisées, elles devront être à l’abri des regards des enfants".

© IPM Graphics

Six communes (Boechout, Leopoldsburg, Malines, Harelbeke, Waregem et Zottegem) ont ainsi déjà pris l’initiative et transformeront sous peu leurs plaines de jeux et leurs terrains de sport en espaces sans tabac. Quatre fermes pour enfants en ont fait de même sur leurs sites. Trois hôpitaux sont également pionniers. Aux suivants…