Sciences - Santé Maggie De Block rétablira-t-elle la confiance de la "médico-mut" ce vendredi ?

Ce vendredi 24 février sera une journée importante, une de plus, pour la sécurité tarifaire des patients. Sur le coup de 17h, les membres de la commission nationale médico-mutualiste (la "médico-mut") se retrouveront pour tenter de sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le système de fixation des honoraires médicaux.

Tous les deux ans, syndicats de médecins et mutuelles négocient, dans le cadre fixé par le gouvernement, le prix d’une consultation chez le généraliste ou de l’intervention d’un spécialiste. C’est ainsi qu’en décembre 2015, était conclue une convention médico-mut 2016-2017. Mais à l’automne dernier, le gouvernement Michel décidait de réaliser des économies supplémentaires en 2017, pour un montant de 900 millions d’euros. Au menu, notamment, une réduction de l’indexation des médecins.

Redéfinir le rôle des médecins

Pour les syndicats médicaux, il s’agissait là d’une remise en cause unilatérale de l’accord par le gouvernement. Ils réclamaient dès lors la résolution de la convention, ouvrant la voie à une libération des honoraires des médecins conventionnés, au détriment des patients.

Le 25 janvier dernier, cependant, la commission médico-mut s’est accordée pour geler pendant un mois la résolution de la convention. Un temps que devait mettre à profit le gouvernement pour rétablir la confiance dans le système médico-mutualiste et donner un certain nombre de garanties aux médecins.

La médico-mut réclamait d’abord un rapide ajustement d’une série de procédures devant permettre à l’avenir d’encore conclure des accords dans un cadre juridique et financier stable. "Si on ne respecte pas un contrat, à quoi cela sert-il de le signer ?", résume le Dr Marc Moens, président de l’Association belge des syndicats médicaux (Absym).

Les médecins demandaient en outre qu’une discussion soit ouverte, avec les mutuelles et le gouvernement, sur la révision de la nomenclature des soins de santé, l’implication des médecins dans la gouvernance des nouveaux réseaux hospitaliers, le cadre légal sur les prélèvements d’honoraires par les hôpitaux,….

La suite des événements dépendra donc de ce que le Conseil des ministres, et singulièrement sa ministre de la Santé Maggie De Block (Open VLD), sortira de son chapeau ce vendredi. Si elle parvient à rétablir la confiance, le système médico-mutualiste, revu et corrigé, peut encore avoir de beaux jours devant lui. "Sinon, on retournera vers notre base pour voir quelles actions nous devrons mener", avertit le Dr Paul De Munck, président du Groupement belge des omnipraticiens (GBO).

Les syndicats iront-ils jusqu’à demander aux médecins de se déconventionner et de revoir leurs honoraires à la hausse ? "Ce n’est pas dans notre ADN. Nous avons toujours tout fait pour garantir la sécurité tarifaire", assure le Dr De Munck.

L’Absym n’appellera pas non plus les médecins à relever leurs tarifs. Son conseil d’administration l’a décidé mercredi. "Mais on ne conclura plus jamais un accord pour deux ans", prévient Marc Moens.