Sciences - Santé

Depuis le lancement des autotests de dépistage du VIH il y a un an, le 23 novembre 2016, quelque 12.000 unités ont été vendues aux pharmacies du pays, selon les chiffres d'Axone Pharma, qui commercialise le produit en Belgique, cités par la plate-forme Prévention Sida. Ces tests, délivrés sans prescription médicale, permettent à qui le pratique de savoir s'il doit s'inquiéter d'une éventuelle infection par le virus du sida. Parmi les 12.000 autotests vendus par Axone Pharma, une bonne partie (40%) a transité via des sites de vente en ligne. Du point de vue de la distribution géographique, environ 55% de ces tests ont été vendus aux officines flamandes, contre 45% aux pharmacies en Wallonie et à Bruxelles.

"Il est toutefois prématuré d'évaluer l'impact de ces tests sur le nombre de nouvelles contaminations enregistrées", commente le directeur de la plate-forme Prévention Sida, Thierry Martin. En effet, si ces autotests sont un outil supplémentaire de dépistage du VIH, le diagnostic de l'infection par le virus responsable du sida doit ensuite être confirmé par un médecin ou un centre de dépistage.

Quant au profil des acheteurs, il est méconnu. Aucune information n'est disponible à ce sujet, tant auprès de l'Institut scientifique de Santé publique (ISP) -qui publie annuellement un rapport sur la situation du VIH/SIDA en Belgique-, qu'auprès de la plate-forme Prévention Sida ou encore à l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (Inami). "En France, 42% des acheteurs de ces tests ont déclaré que c'était la première fois qu'ils réalisaient un test de dépistage de l'infection du VIH. On peut supposer que c'est la même chose en Belgique mais ce n'est qu'une hypothèse", glisse M. Martin.

Il y a un an, la priorité avec ces autotests était de rendre plus accessible le dépistage des personnes potentiellement séropositives. Cette priorité reste d'actualité. "Le dépistage est la pierre angulaire de la prévention. Chacun est libre de choisir le type de dépistage qui lui convient le mieux. L'important, c'est que la personne infectée puisse être dépistée de manière précoce afin de pouvoir rapidement entrer dans la ligne des soins", indique Thierry Martin. "Un traitement adapté par antirétroviraux permet de diminuer la charge virale dans le sang et les autres liquides jusqu'à un très faible niveau (charge virale indétectable), ce qui fait diminuer le risque de transmission sexuelle", poursuit-il.

À côté des ces autotests, la plate-forme Prévention Sida plaide pour un renforcement des dépistages anonymes et gratuits.

En 2015, 1.001 nouveaux cas de VIH ont été rapportés en Belgique, selon le dernier rapport annuel de l'ISP. Le rapport pour l'année 2016 est attendu prochainement, quelques jours avant la Journée mondiale de lutte contre le sida, célébrée le 1er décembre.