Sciences - Santé

Alors que démarre le “Mois des soins palliatifs à Bruxelles”, l’UZ Brussel a annoncé, vendredi, sa décision de commencer, dès février, l’enregistrement de la “sédation palliative”. Ce faisant, l’hôpital bruxellois signerait une première en Belgique et même, selon lui, au monde.

Qu’est-ce que cela signifie? Par sédation palliative, on entend la mise dans le coma artificiellement d’un patient terminal, ou encore un traitement ayant pour but de soulager la douleur et ne visant pas à accélérer la mort. “Aujourd’hui, dans notre pays, la sédation palliative est quatre fois plus fréquente que l’euthanasie, seule à être légalement encadrée, rappelle l’UZ Brussel. La frontière entre sédation et euthanasie est souvent très mince : ce sont souvent des vases communicants”.

Les raisons de cet enregistrement

La pratique de sédation palliative est “réalisée la plupart du temps à l’insu du patient et souvent sans en avoir discuté avec la famille et avec peu de transparence”, au dire de l’UZ Brussel qui pour cette raison a débuté, il y a plus d’un an déjà un projet pilote consistant à enregistrer la sédation palliative. Pour ce faire, le document d’enregistrement a été optimalisé.

En enregistrant la sédation palliative, l’UZ Brussel souhaite d’une part, “créer une plus grande clarté pour les patients et leur entourage” et d’autre part, “optimaliser l’établissement des indications et la réalisation technique de cet acte médical

Eviter des euthanasies cachées

Toute institution de soins devrait s’y engager, afin d’éviter des erreurs d’appréciation ou des euthanasies cachées, a commenté Wim Distelmans, oncologue à l’UZ Brussel et professeur de médecine palliative à la VUB. Dans les deux pratiques, il s’agit de mettre un terme à la souffrance insupportable chez le patient. L’encadrement légal pour la sédation palliative et l’euthanasie ne devrait pas être différent. Un seul élément y est mis en avant : le respect du droit de chaque être humain à disposer de lui-même. La sédation palliative peut aussi être utilisée comme moyen pour mettre fin à une vie. Cela se fait aujourd’hui parfois sans concertation avec le patient. Ce n’est bien sûr pas normal, tant que l’intéressé est capable juridiquement. Nous espérons que d’autres institutions de soins suivront notre exemple”. L’enregistrement obligatoire apportera en outre une plus grande sécurité juridique au médecin.

Le lancement de l’enregistrement coïncide avec le ‘Mois des soins palliatifs’ à Bruxelles, où, en collaboration avec Br.E.L. (Brusselse Expertise Levenseind), de nombreuses formations, conférences et activités autour de la fin de vie sont organisées.